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15/02/2014 04:54 EST | Actualisé 16/04/2014 05:12 EDT

L'Ukraine de Ianoukovitch a perdu son indépendance face à Poutine (Timochenko)

L'Ukraine de Viktor Ianoukovitch a perdu son indépendance face au président russe Vladimir Poutine, après le refus de signer un accord d'association avec l'Union européenne, a déclaré l'opposante emprisonnée Ioulia Timochenko dans une interview publiée samedi.

Le président ukrainien qui "n'a plus la liberté de prendre des décisions indépendantes" doit partir pour résoudre la crise sans précédent qui frappe le pays, en proie à une contestation sans précédent contre son régime, estime Mme Timochenko, ex-Premier ministre, dans un entretien à l'hebdomadaire Dzerkalo Tyjnia.

"Quand l'opposition et les leaders du monde occidental négocient avec Ianoukovitch, ils doivent comprendre qu'ils négocient avec Poutine par un intermédiaire peu qualifié", a-t-elle lancé.

"Sur l'échiquier international, l'Ukraine n'est plus perçue comme un acteur indépendant. Après l'échec de la signature d'un accord d'association avec l'UE et d'autres évènements humiliants, on nous considère comme un partenaire minoritaire de la Russie", a-t-elle poursuivi.

L'Ukraine est le théâtre d'une contestation sans précédent depuis la volte-face pro-russe du pouvoir fin novembre, au détriment d'un rapprochement avec l'Union européenne.

La Russie, qui a encouragé Kiev à renoncer à l'association avec l'UE et l'invite à rejoindre l'Union douanière d'ex-républiques soviétiques, a octroyé en décembre à l'Ukraine au bord d'un défaut de paiements un crédit de 15 milliards de dollars et un rabais important sur le prix du gaz.

"Je ne pense pas que dans la situation actuelle Ianoukovitch peut prendre ses distances avec l'Union douanière contrôlée par Poutine. Sa dépendance est à vie", a dit Mme Timochenko.

"Nos amis européens pensent qu'avec de longues négociations et des crédits ils peuvent faire revenir Ianoukovitch sur la voie européenne. Ils se trompent parce que ce n'est pas Ianoukovitch qui décide, mais Poutine", a-t-elle poursuivi.

"Si Vladimir Poutine a dépensé 50 milliards de dollars pour les JO de Sotchi, il dépensera tout ce qu'il faudra pour (maintenir) l'Ukraine" (dans son orbite), a-t-elle jugé.

Selon elle, l'objectif actuel de l'opposition est de "donner un nouveau souffle à l'insurrection populaire" et d'envoyer ses représentants à Bruxelles et à Washington afin d'obtenir l'introduction de sanctions contre les représentants du régime responsables de la répression contre les opposants.

"Le seul sujet de négociations possible avec Ianoukovitch est son départ et les garanties de protection de sa famille. Je suis prête à participer à de telles négociations", a-t-elle souligné.

Egérie de la Révolution orange pro-occidentale en 2004 et adversaire de M. Ianoukovitch à la présidentielle de 2010, Mme Timochenko purge depuis 2011 une peine de sept ans de prison pour abus de pouvoir.

Son emprisonnement, dénoncé par l'opposition comme une "vengeance politique", a provoqué une grave crise entre Kiev et l'Union européenne et sa libération était une condition clé pour la signature d'un accord d'association.

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