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15/02/2014 05:49 EST | Actualisé 17/04/2014 05:12 EDT

Le Liban dispose enfin d'un gouvernement, 10 mois après les élections

BEYROUTH - Le premier ministre libanais a formé un cabinet plus de 10 mois après avoir été élu, samedi, y incluant une vaste coalition de groupes politiques après avoir comblé d'importants fossés entre ceux-ci, et ce principalement à propos de la guerre civile syrienne.

Les 24 ministres de Tammam Salam ont été annoncés au palais présidentiel; on retrouve entre autres des membres de la coalition soutenue par l'Occident, ainsi que ceux provenant du Hezbollah — appuyé par l'Iran — et leurs alliés.

Les craintes d'une «contamination» de la guerre civile syrienne sur le territoire de son petit voisin on fait augmenter les pressions sur les factions libanaises rivales pour accepter des concessions, allégeant la tâche de M. Salam.

«Il s'agit d'un cabinet de coalition qui représente, à l'heure actuelle, la meilleure formule pour le Liban avec tous les défis politiques, sécuritaires, économiques et sociaux auxquels le pays fait face», a dit le premier ministre peu de temps après l'annonce de la composition de son gouvernement.

Selon lui, ce cabinet vise à «renforcer la sécurité nationale et se tenir debout contre toutes les formes de terrorisme», en plus de s'attaquer à la délicate tâche consistant à gérer près d'un million de réfugiés syriens s'étant installés dans un Liban fort de quelque quatre millions d'habitants.

Ce cabinet ne devrait pas demeurer longtemps au pouvoir, puisqu'un nouveau gouvernement devrait être formé après que le mandat de six ans du président Michel Suleiman eut pris fin en mai, et qu'un nouveau chef d'État eut été élu.

La guerre en Syrie s'est étendue au Liban voisin, et divise profondément la population, qui appuie des groupes syriens rivaux.

Plusieurs chiites libanais soutiennent le gouvernement du président syrien Bachar al-Assad, tandis que les sunnites appuient plutôt les rebelles qui veulent le faire tomber. Des heurts entre partisans et opposants ont fait de nombreux morts au Liban depuis les derniers mois. Une série d'attaques à la voiture piégée a également décimé la population.

Le Hezbollah a ouvertement envoyé des combattants en Syrie, l'an dernier, pour se battre aux côtés des forces loyalistes, tandis que certains sunnites sont passés du côté des rebelles.

La coalition soutenue par l'Occident, dite du 14 mars, avait précédemment déclaré qu'elle ne participerait pas à un gouvernement d'unité nationale jusqu'à ce que le Hezbollah, la plus importante force au Liban, retire ses militants de Syrie.

Le chef du 14 mars, l'ex-premier ministre Saad Hariri, a déclaré le mois dernier qu'il était prêt à partager le pouvoir avec le Hezbollah si cela permettait de mettre fin à l'impasse. Le Hezbollah a également abandonné l'une de ses premières demandes, soit de disposer, en compagnie de ses alliés, d'un pouvoir de veto au sein du cabinet.