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15/02/2014 05:34 EST | Actualisé 17/04/2014 05:12 EDT

JO: Le Canada connaît une autre journée de misère en patinage courte piste

SOTCHI, Russie - Charles Hamelin a perdu une seconde chance d'ajouter une cinquième médaille olympique à son palmarès, samedi, et l'équipe canadienne de patinage de vitesse courte piste a fait chou blanc dans deux autres épreuves aux Jeux de Sotchi.

Hamelin, médaillé d'or au 1500 mètres hommes lundi, est à une médaille du record canadien pour un athlète masculin aux Jeux d'hiver, partagé par Marc Gagnon et Louis-François Tremblay. Il a chuté bêtement en quarts de finale du 1000 mètres masculin.

«C'est une grosse déception, n'a-t-il pas caché, en expliquant que la glace avait cédé sous sa lame droite dans un virage. Le 1000 mètres, de plus, c'est la course que je préfère des trois distances individuelles.»

Auparavant, sa copine Marianne St-Gelais avait été éliminée dans les préliminaires du 1500 mètres, qui n'est pas sa meilleure distance.

Les deux autres patineuses canadiennes du Saguenay-Lac Saint-Jean, Marie-Ève Drolet et Valérie Maltais, avaient été freinées en demi-finales. Maltais a facilement enlevé les honneurs de la finale B, et elle a terminé sixième au classement cumulatif.

«Ce résultat me console et fait du bien à mon moral en vue du 1000 mètres», a commenté Maltais.

La jeune femme de La Baie a expliqué avoir mis en pratique les conseils que son ami de coeur, Steve Robillard, lui a donnés.

«J'étais très déçue après ma demi-finale et j'ai appelé mon 'chum' dans les gradins, a-t-elle confié. Il a su trouver les bonnes choses à me dire et j'ai fait exactement ce qu'il m'a dit. Je suis très contente de ma course pour cette raison-là.»

L'expérimentée Drolet, qui revient de loin après s'être fracturée une hanche en août dernier, a clôturé la compétition au neuvième rang.

«Il aurait fallu que je sois parfaite pour atteindre la grande finale. J'ai commis de petites erreurs. On aurait dit que je voulais trop — ça m'a grugé de l'énergie. Je suis quand même satisfaite. J'étais dans une demi-finale forte, les deux premières ont gagné des médailles. Mais ce n'est pas une excuse.»

La Chinoise Zhou Yang a effectivement remporté la médaille d'or, devant la Coréenne Shim Suk Hee. L'Italienne Arianna Fontana a obtenu sa deuxième médaille des Jeux, et le Québécois Éric Bédard, un des entraîneurs de l'équipe italienne, jubilait après la finale.

Pour revenir aux gars, Charle Cournoyer, de Boucherville, et Olivier Jean, de Lachenaie, n'ont également pas franchi l'étape des quarts.

Le jeune Cournoyer, qui faisait ses débuts aux JO à l'âge de 22 ans, a dit avoir été victime de son inexpérience.

«J'ai un peu paniqué et j'ai mal réagi aux dépassements, a-t-il avoué. C'est gros les Jeux olympiques. Ce n'est pas comme en Coupe du monde, il y a plein de monde qui nous regarde. Il faut bien savoir gérer le stress. C'est le métier qui rentre.»

Quant à Jean, il s'est fait coiffer par deux adversaires dans le dernier tour, après avoir dominé la course pendant la majeure partie.

La finale masculine a été l'affaire des Russes Victor An (or) et Vladimir Grigorev (argent), au plus grand bonheur de la foule au Palais des sports de glace Iceberg. Le Néerlandais Sjinkle Knegt a mérité le bronze.

Une autre bouteille?

Rien ne va plus pour le Canada depuis le coup d'éclat de Hamelin, en lever de rideau de la compétition. Soudainement, l'objectif de cinq médailles en patinage de vitesse courte piste paraît irréalisable.

Jeudi, la chute du frère de Charles, François, a provoqué l'élimination des gars au relais 5000 mètres et St-Gelais a dû se contenter de la septième place au 500 mètres.

Les patineurs avaient embouteillé leurs frustrations par écrit vendredi, et ils ont balancé la bouteille dans la mer Noire. De toute évidence, ça ne leur a pas permis de conjurer le sort.

«Peut-être devrait-on lancer une autre bouteille à la mer!», a suggéré à la blague Drolet, la doyenne du groupe et psychologue de profession.

Pour Charles Hamelin, la malchance du relais c'est de l'histoire ancienne et n'est aucunement l'explication de la journée de misère, samedi.

«Pas du tout, a-t-il rétorqué, quand on lui a posé la question. J'étais bien mentalement et physiquement, prêt à accomplir de bonnes choses. Mais là je suis vraiment déçu.»

«Le patinage courte piste c'est traître, a poursuivi Hamelin. Ça peut super bien aller pendant une compétition, comme ça peut aller en montagnes russes. L'important, c'est de rester concentré et être fort mentalement après les bonnes comme les mauvaises journées.»

Celui qu'on appelle «la locomotive de Sainte-Julie» a mentionné qu'il va s'élancer à la défense de son titre olympique au 500 mètres avec la rage au coeur, mardi.

«Je vais être très affamé. Le 500 mètres, c'est ma distance.»

L'épreuve féminine de 1000 mètres, ainsi que la finale du relais féminin 3000 mètres sont aussi au programme de l'avant-dernière journée de compétition aux Jeux.