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15/02/2014 05:37 EST | Actualisé 17/04/2014 05:12 EDT

Italie: le président poursuit ses consultations en vue de la formation d'un nouvel exécutif

Du minuscule parti du Sud Tyrol à Silvio Berlusconi, toute la classe politique italienne, à l'exception des contestataires du Mouvement Cinq étoiles, a recommencé à défiler samedi chez le président Giorgio Napolitano pour des consultations préalables à la nomination de Matteo Renzi à la tête du pays.

Véritable marathon pour le président de 88 ans: pas moins d'une quinzaine de délégations se succèdent dans la journée, avant que M. Napolitano n'annonce le nom de celui qui succèdera à Enrico Letta, poussé vers la sortie jeudi par son propre parti.

Un faux suspense puisque la nomination du jeune maire de Florence est attendu par tous, au point que certains partis comme le Mouvement Cinq étoiles (M5S) de l'ex-comique Beppe Grillo et le parti autonomiste de la Ligue du Nord de Matteo Salvini, ont refusé l'invitation de M. Napolitano.

Pendant que M. Letta remettait sa démission au président Napolitano, le Florentin, "maire et quasi premier ministre", célébrait vendredi la Saint-Valentin avec 1.268 couples fêtant leurs 50 ans de mariage. Il leur a confié: "ce n'était pas ainsi que j'en rêvais mais je n'avais pas d'autre choix".

"La charge immédiatement à Renzi", titre la Stampa, précisant: "le premier secrétaire du PD pourrait monter au Quirinal (la colline où est située le palais présidentiel) demain" (dimanche, ndlr). La Repubblica table sur dimanche ou lundi.

Entamées dès vendredi soir après le départ de M. Letta du Quirinal, les consultations ont repris samedi à 09h00 GMT.

Les premiers à franchir les portes du palais représentaient les partis défendant les minorités linguistiques du Sud Tyrol et du Val d'Aoste.

Les choses sérieuses démarrent dans l'après-midi: le président du "Nouveau centre droit" (NCD), Angelino Alfano, vice-premier ministre et ministre de l'Intérieur du gouvernement Letta et ex-dauphin de Silvio Berlusconi, a prévenu que son soutien au futur exécutif serait conditionné au programme de Renzi.

"Soit nous faisons de grandes choses (ensemble, ndlr), si c'est pour en faire des petites, autant retourner voter", a-t-il prévenu dans un tweet.

Il sera suivi en fin d'après-midi par le Cavaliere, toujours aux commandes de son parti Forza Italia, après sa destitution du Sénat consécutive à sa condamnation pour fraude fiscale. La journée se clôturera avec le PD, qui sera représenté par deux de ses dirigeants, mais finalement pas M. Renzi.

Ce dernier devra composer avec la formation actuelle du Parlement, qui n'avait pas dégagé de majorité claire au printemps dernier, pour composer un gouvernement de coalition gauche-droite, comme son prédécesseur.

La Repubblica avance le chiffre de 18 ministres, "dont la moitié de femmes". L'économiste Lucrezia Reichlin pourrait remplacer Fabrizio Saccomani à un ministère toujours scruté de près par les partenaires européens de la quatrième économie de la zone euro.

D'autant que, malgré un rebond de 0,1% du PIB au quatrième trimestre 2013, après deux ans de récession économique, l'Italie est loin d'être tirée d'embarras, avec une dette publique s'élevant à 127% de son PIB et un chômage à 13% (plus de 40% chez les jeunes).

"Emploi et fisc" devront en tous les cas être les deux priorités du nouvel exécutif selon le Corriere della Sera, même si Matteo Renzi n'a jusqu'à présent pas précisé comment il comptait financer les réformes qu'il veut mettre en place.

Selon la Stampa, l'appui du NCD étant acquis, M. Alfano resterait au gouvernement.

Au jeu du "toto-ministri", un autre nom circule, celui de Luca Cordero di Montezemolo, président de Ferrari et de Fiat, et chantre du "Made in Italy". La radicale Emma Bonino, ancienne commissaire européenne, pourrait conserver son porte-feuille aux Affaires étrangères.

Une fois son gouvernement formé, M. Renzi devra se présenter devant le Parlement pour un vote de confiance.

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