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15/02/2014 07:33 EST | Actualisé 17/04/2014 05:12 EDT

GB: la réforme de la protection sociale est une "honte" (Eglise catholique d'Angleterre)

Le chef de l'Eglise catholique en Angleterre et au Pays de Galles, Vincent Nichols, a qualifié samedi de "honte" la réforme du système de protection sociale engagée par le gouvernement britannique du conservateur David Cameron.

"Les gens comprennent que nous devrions nous serrer la ceinture et être plus responsables en matière de dépenses publiques", estime l'archevêque de Westminster Vincent Nichols, dans une interview au quotidien conservateur britannique Telegraph.

Cependant, ajoute-t-il, "je pense que le filet de sécurité de base qui était là pour garantir que les gens ne souffrent pas de la faim ou ne basculent pas dans la pauvreté a été réduit en lambeaux".

En outre, le système est "de plus en plus dissuasif. (...) Des bénéficiaires potentiels (...) doivent attendre dix jours, deux semaines, sans rien du tout. Pour un pays riche comme le nôtre, c'est franchement une honte", estime Mgr Nichols, qui doit être fait cardinal la semaine prochaine.

Le ministère du Travail et des retraites s'est défendu samedi en expliquant que le gouvernement avait hérité d'un système de protection sociale "mal en point, qui piégeait les personnes pour lesquelles il existait".

"Nos réformes vont transformer la vie de certaines familles les plus pauvres (...), avec 3 millions de foyers qui vont mieux s'en sortir et des centaines de milliers d'enfants qui vont sortir de la pauvreté", a affirmé un porte-parole du ministère.

"Il est faux de dire que le filet de sécurité est supprimé quand on dépense 94 milliards de livres (115 milliards d'euros ou 157 milliards de dollars) par an pour les allocations des personnes en âge de travailler et que le système de protection sociale vient en aide à des millions de gens qui ont des faibles revenus ou n'ont pas les moyens de s'en sortir", a-t-il encore dit.

Le gouvernement britannique de coalition, en poste depuis 2010 et composé des conservateurs et des libéraux-démocrates, a engagé une réforme en profondeur du système de protection sociale, dans le cadre notamment d'une politique d'austérité visant à réduire le déficit public.

bed/ros