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14/02/2014 05:12 EST | Actualisé 16/04/2014 05:12 EDT

Scandale au Sénat: les Canadiens ont une mauvaise opinion des politiciens

OTTAWA - Le scandale des dépenses au Sénat a terni l'image de tous les politiciens auprès d'une majorité de Canadiens, laisse croire un sondage commandé par le gouvernement de Stephen Harper.

Les Canadiens disent en avoir assez des «riches politiciens» et de leur «train de vie luxueux», et soupçonnent que ces dégâts sont partagés par l'ensemble de la classe politique, révèle le coup de sonde mené par la firme Léger pour le compte du Conseil privé.

Le sondage portait entre autres sur des questions d'économie, d'oléoducs et de réglementations des télécommunications, mais c'est le scandale au Sénat qui semble avoir suscité le plus de réactions auprès des personnes interrogées.

Il a été réalisé par téléphone auprès de 3000 Canadiens dans six villes, dont Québec, au coût de 112 000 $.

La firme de sondage a questionné les Canadiens à propos du scandale des dépenses sénatoriales alors que les allégations éclaboussant les sénateurs Mike Duffy, Pamela Wallin et Patrick Brazeau faisaient la manchette partout au pays. Tous ont été éjectés du Sénat, et ils ne touchent désormais plus de salaire.

Plusieurs répondants ont comparé à leur situation financière précaire ce qu'ils percevaient comme un «gaspillage de fonds publics par de riches politiciens», indique-t-on dans le document daté du 30 octobre.

«Ils étaient frustrés de voir que des fonctionnaires utilisent l'argent durement gagné par les contribuables pour se payer un train de vie luxueux, alors que certains travailleurs, eux, ont du mal à joindre les deux bouts. Ils estiment donc que le statu quo est inacceptable.

«Les récentes allégations concernant le gaspillage d'argent ont été perçues comme une preuve de la nécessité d'injecter davantage de transparence et de responsabilité dans l'utilisation des fonds publics», ajoute-t-on dans le rapport.

Les résultats du sondage pourraient expliquer la fermeté du gouvernement Harper dans sa gestion de la crise au Sénat, l'automne dernier. Des pressions avaient alors été exercées sur les sénateurs pour qu'ils suspendent leurs collègues soupçonnés de fraude, malgré de possibles entorses aux procédures appliquées dans de telles circonstances.

Le sondage Léger souligne que les Canadiens ont été particulièrement frustrés de ce scandale au Sénat, car «ils ont été très peu nombreux à pouvoir expliquer ce que les sénateurs font chaque jour, ou encore quel rôle joue le Sénat dans le système parlementaire canadien».

Les répondants croient par ailleurs que d'autres affaires de dépenses excessives «pourraient être découvertes ailleurs» dans l'appareil gouvernemental.