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14/02/2014 06:06 EST | Actualisé 16/04/2014 05:12 EDT

Russie: la banque centrale prête à une hausse des taux face à la chute du rouble

La banque centrale russe s'est dite prête vendredi à resserrer sa politique monétaire si la chute récente du rouble, à un niveau historiquement bas face à l'euro, entraînait une accélération de l'inflation.

La Banque de Russie a maintenu comme prévu son taux directeur à 5,5%, estimant qu'en l'état actuel sa politique permettrait un ralentissement de l'inflation vers son objectif (5% à 6%) dans un contexte de faible croissance.

La banque centrale est prise en étau entre la chute de la monnaie et les risques d'inflation liés, qui plaident pour une hausse des taux, et le fort ralentissement de l'activité économique et du crédit en Russie, qui plaident pour un abaissement.

"La principale source d'incertitude concernant nos prévisions vient des risques inflationnistes liés à l'accélération de la hausse des prix fin 2013 et à l'affaiblissement de la monnaie nationale", a indiqué la Banque centrale dans le communiqué publié à l'issue de sa première réunion de l'année consacrée à sa politique monétaire.

Si ces facteurs se répercutaient "sur les prix d'un large éventail de produits et de services ainsi que sur les attentes de la population (...) la Banque de Russie sera prête à resserrer sa politique monétaire", a-t-elle indiqué.

Cette fermeté a pris de court le marché et la devise s'est brusquement redressée après l'annonce de l'institution et valait vers 10H45 GMT 48,11 roubles pour un euro. En matinée, l'euro avait atteint un niveau historique à 48,46 roubles, soutenu par des chiffres de croissance meilleurs que prévu en France et Allemagne.

Au début de l'année, la banque centrale avait donné l'impression de se résoudre à une dépréciation du rouble en réduisant progressivement ses interventions sur le marché des changes, avec pour objectif une monnaie flottant librement en 2015.

Mais le mouvement, qui touche l'ensemble des monnaies émergentes, s'est précipité et le rouble a chuté de plus de 5% depuis le début de l'année face à l'euro, de plus de 7% face au dollar, poussant la banque centrale à dépenser plus de quatre milliards de dollars sur le marché fin janvier pour le soutenir.

Cette rapide dépréciation fait craindre une poussée d'inflation pour les ménages, dont les produits importés constituent un tiers du panier moyen.

Elle pourrait également constituer un choc pour la population échaudée par plusieurs dévaluations traumatisantes depuis la chute de l'Union soviétique.

Or, la consommation, après avoir bien tenu une grande partie de l'année dernière, commence à ralentir, posant un nouveau risque pour l'économie russe qui a enregistré en 2013 une croissance de 1,3%, contre 3,4% en 2012 et 4,3% en 2011.

"La croissance de l'économie russe reste faible tandis que la production industrielle continue de stagner", a indiqué la banque centrale vendredi.

"Dans le même temps, les indices de confiance des entreprises ne montrent aucun signe d'amélioration", a-t-elle ajouté.

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