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14/02/2014 01:23 EST | Actualisé 16/04/2014 05:12 EDT

Procès Rwanda à Paris: en 1993, un enquêteur belge avait déjà entendu parler de l'accusé

Un militant belge des droits de l'Homme qui avait enquêté en 1993 au Rwanda a indiqué que le nom de Pascal Simbikangwa, premier Rwandais jugé en France en lien avec le génocide, était apparu à plusieurs reprises lors de son séjour sur place.

Eric Gillet avait participé à une commission d'enquête internationale qui avait abouti à la publication en mars 1993, un an avant le génocide, d'un rapport sous l'égide de la Fédération internationale des droits de l'Homme (FIDH) et de Human Rights Watch (HRW).

Au cours de leurs deux semaines sur place, les enquêteurs avaient "entendu parler de lui" à plusieurs reprises. Par des "victimes de mauvais traitements" et également "par l'ambassadeur de Belgique" que des personnes convoquées pour interrogatoire "passaient prévenir", a expliqué M. Gillet à la cour d'assises de Paris qui juge Pascal Simbikangwa pour "complicité de génocide".

Pour résumer, il explique que le capitaine Simbikangwa, qui était à l'époque en poste au Service central de renseignement, mais nie avoir jamais torturé ni même mené des interrogatoires, était apparu aux membres de la commission comme "un interrogateur dans le cadre d'interrogatoires musclés". Et "tout ça, sans s'être particulièrement intéressés à lui, on n'a pas spécialement enquêté sur lui".

Pour le témoin, c'est après la publication du rapport que s'est élaboré dans l'entourage proche du président hutu Juvénal Habyarimana, dont l'assassinat le 6 avril 1994 fut l'événement déclencheur des massacres, "un plan de mise en oeuvre de la solution finale", en référence au génocide des Tutsi.

"Peu à peu les choses se sont organisées de façon à bien articuler tous les instruments du génocide (...) Une articulation entre les médias, l'armée, les pouvoirs administratifs et les milices, et c'est ça qui fera la terrible efficacité du génocide".

Pour le témoin "c'est probablement à cette articulation entre l'armée et les milices que se trouvait M. Simbikangwa". Et de rappeler que dès la fin avril le nom de l'accusé est cité, parmi d'autres, dans un communiqué de HRW dénonçant un "génocide" au Rwanda.

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