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14/02/2014 12:43 EST | Actualisé 16/04/2014 05:12 EDT

L'emblématique hôtel "Holiday Inn" de Sarajevo ferme pour la première fois en 30 ans

Le mythique hôtel "Holiday Inn" de Sarajevo, construit pour les besoins des Jeux olympiques en 1984 et qui a été le quartier général des reporters de guerre dans les années 1990, a fermé vendredi pour la première fois dans son histoire en raison d'une grève de ses employés.

Une semaine après les violentes manifestations en Bosnie contre la pauvreté et le pouvoir, quelque 140 salariés de cet hôtel ont cessé de travailler pour protester contre le non-paiement des salaires et des contributions sociales, ont-ils raconté à l'AFP.

"Nous ne reprendrons pas le travail avant de toucher les arriérés de salaires. Nous allons attendre ici", a déclaré à l'AFP une employée ayant requis l'anonymat "de peur des représailles de la direction".

Ce symbole de la capitale bosnienne, qui marque ces derniers jours par diverses manifestations le 30e anniversaire des JO d'hiver, a été vendu en 2003 par l'Etat à la société autrichienne Alpha Baumanagement, pour 22,8 millions d'euros.

Les grévistes ont occupé le lobby de l'hôtel. L'accueil est fermé, sauf pour les clients qui mettent fin à leur séjour.

Les employés accusent le propriétaire de pas avoir respecté l'accord de privatisation et aussi l'Etat qui "ferme les yeux au non respect des lois en vigueur", selon les propos d'un gréviste.

Le directeur Senadin Fetahagic admet les problèmes et la dette envers les salariés et l'Etat, mais assure que c'est la crise économique qui est à l'origine de ces difficultés.

"Le nombre de clients a chuté ces dernières années. C'est un hôtel où logent surtout des hommes d'affaires qui sont moins nombreux à cause de la crise", dit M. Fetahagic.

Il y a une semaine, le 8 février, les manifestants ont saccagé ou incendié des immeubles du gouvernement dans plusieurs ville de Bosnie, ainsi que la présidence, à Sarajevo, de ce pays où le chômage frappe 44% de la population active.

Lui-même objet de bombardements par les forces serbes pendant le siège de la ville (1992-95), la façade trouée par un obus et son troisième étage noirci par le feu, l'emblématique hôtel a été reconstruit après la guerre.

Depuis 2013, il ne fait plus partie de la chaîne internationale.

rus/via