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14/02/2014 03:59 EST | Actualisé 15/04/2014 05:12 EDT

Le "Poilu", figure héroïque de la guerre pour les Français

Cent ans après, le "Poilu" reste pour les Français la figure héroïque de la Première guerre mondiale, symbole des huit millions de soldats mobilisés pendant le conflit.

Le mot de Poilu, apparu bien avant 1914, s'est rapidement imposé dans l'imagerie créée par la propagande pour symboliser le soldat qui "tient" dans les tranchées contre le "Boche", l'ennemi allemand séculaire.

Ce terme militaire, remontant aux campagnes napoléoniennes du début du 19e siècle, désigne alors dans la troupe le soldat audacieux n'ayant pas froid aux yeux, puis par extension, dans le langage familier, quelqu'un de courageux. Les poils étaient alors considérés comme un signe de force et de virilité.

L'expression va se généraliser dans les tranchées, désignant indistinctement les braves qui ont été au feu et tous les soldats du front qui laissent pousser barbe et moustache en raison de la difficulté à se raser.

En octobre 1914 après les combats de l'Argonne, l'historien Marc Bloch, alors sergent dans l'infanterie, raconte : "Le capitaine me félicite et dit à mes hommes qu'ils pouvaient me suivre au feu avec confiance et que j'étais un vrai poilu". Le sergent Bloch, cité quatre fois, décoré de la Légion d'honneur à titre militaire et de la Médaille militaire, commente avec humour: "Ma barbe que je portais entière et qui était fort inculte, justifiait cette épithète".

- adopté par les combattants -

Le terme et les premières photos de "Poilus" apparaissent dans l'hebdomadaire L'Illustration, aux côtés de celles des grands chefs militaires comme Joffre, vainqueur de la bataille de la Marne. L'image du Poilu barbu en uniforme bleu horizon, coiffé de son casque Adrian pour monter à l'assaut, son fusil Lebel à la main, sera reproduite à l'envi sur d'innombrables affiches incitant les Français à souscrire aux emprunts de guerre.

De nombreux journaux de tranchées, écrits par les soldats et tolérés par le commandement, adoptent le mot "Poilu" dans leur titre. Les millions de lettres de soldats français à leurs familles pendant la guerre reprennent abondamment ce terme que se sont complètement approprié les soldats.

La propagande associera étroitement la sanglante bataille de Verdun à l'image des Poilus valeureux dont le sacrifice et l'abnégation ont sauvé la France en bloquant l'offensive allemande.

Et beaucoup de villes et villages français orneront après la guerre leurs monuments aux morts d'une statue de Poilu.

Au début des années 2000, alors que disparaissent les derniers Poilus (le "der des der", Lazare Ponticelli, est décédé en mars 2008), les Français redécouvrent la Grande Guerre à travers les témoignages de ces soldats du rang, sur lesquels les éditeurs multiplient les livres à succès.

"Paroles de Poilus", un petit livre publié en 1998 et vendu deux euros, deviendra ainsi les années suivantes un best-seller avec un million d'exemplaires vendus.

Pmg/lma/pt