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14/02/2014 03:52 EST | Actualisé 16/04/2014 05:12 EDT

La SQ alertée sur la secte juive orthodoxe Lev Tahor dès avril 2012

Radio-Canada

Ce n'est pas d'hier que la Sûreté du Québec s'intéresse à ce qui se passe dans la secte juive orthodoxe Lev Tahor, révèlent les mandats qui ont permis à la SQ de perquisitionner la communauté, le 29 janvier dernier, à Chatham, en Ontario, et à Sainte-Agathe-des-Monts, dans les Laurentides.

Les documents descellés auxquels un consortium de médias, dont fait partie Radio-Canada, a eu accès sont très largement caviardés et restent donc muets sur la nature des infractions criminelles évoquées pour effectuer les perquisitions.

Ils révèlent toutefois que le 24 avril 2012, la SQ a reçu une dénonciation d'un ex-membre de la secte faisant état de violence physique faite aux enfants, de séquestration de mineurs lorsqu'ils désobéissent et de mariages forcés de jeunes filles mineures avec des hommes beaucoup plus vieux qu'elles.

Ces allégations n'ont jamais fait l'objet d'accusations et le groupe Lev Tahor a toujours dit qu'elles étaient fausses.

Dès mai 2012, la SQ ouvre une enquête et commence à interroger des témoins en lien avec ces allégations. Elle suit également à la loupe les démarches de la Direction de la protection de la jeunesse (DPJ).

Une jeune femme hospitalisée dans les Laurentides a notamment affirmé au personnel avoir été victime d'agressions sexuelles.

Dans la même plainte reçue par la police, on évoque le contrôle financier qu'exerce Shlomo Elbrans, le fondateur de la secte, sur les familles qui lui remettent leur argent.

De plus, des enfants d'autres pays seraient amenés à Sainte-Agathe pour être mariés. On aurait menti aux services d'immigration pour les faire venir, selon d'ex-membres de la secte.

Une fuite vers l'Ontario

En novembre dernier, des dizaines de familles du groupe Lev Tahor ont quitté en pleine nuit leurs maisons de Sainte-Agathe-des-Monts, au nord de Montréal, pour s'établir à Chatham, en Ontario. La DPJ avait relevé des problèmes de scolarisation et de négligence et avait sommé deux familles de se présenter en cour.

Selon la communauté religieuse, qui nie les allégations de négligence, le déménagement était prévu depuis longtemps.

Quelques jours plus tard, le Tribunal de la jeunesse a ordonné l'hébergement provisoire de 14 enfants de la secte, à la demande de la DPJ.

La cour ontarienne a confirmé cette décision en février pour 13 des 14 enfants. La personne exclue est une mère, qui est mineure. La cour laisse toutefois 30 jours aux Lev Tahor pour faire appel de la décision.

Avec les informations d'Émilie Dubreuil