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14/02/2014 07:13 EST | Actualisé 16/04/2014 05:12 EDT

Kerry demande à la Chine d'être "transparente" sur sa défense aérienne

Le secrétaire d'Etat américain, John Kerry, a demandé vendredi à la Chine davantage de "transparence" après les tensions causées par l'instauration unilatérale par Pékin d'une "zone d'identification de la défense aérienne" (ADIZ) en mer de Chine orientale.

"Nous avons clairement fait savoir notre sentiment quant aux annonces unilatérales", a déclaré à Pékin M. Kerry, forcé d'endosser un rôle de "démineur" dans sa tournée en Asie où s'accumulent les tensions.

"Il faut espérer que les futures mesures (des autorités chinoises) soient prises de façon ouverte, transparente", a ajouté le chef de la diplomatie américaine, qui avait été reçu plus tôt par le numéro un chinois Xi Jinping.

Les revendications territoriales de Pékin en Asie inquiètent de plus en plus Tokyo et Manille et les Etats-Unis tentent d'obtenir des assurances de Pékin pour éviter un dérapage dans une situation de plus en plus volatile.

"Nous avons exhorté nos amis en Chine à observer les normes les plus élevées en matière d'annonce, d'entrée en contact, d'implication, de partage d'information, afin de réduire les risques de mésentente", a souligné M. Kerry.

Le secrétaire d'Etat a eu des entretiens avec le président Xi au Palais du peuple, suivi d'autres discussions avec le ministre chinois des Affaires étrangères, Wang Yi.

Cette quatrième visite en un an du secrétaire d'Etat sur un continent présenté par l'administration américaine comme le "pivot" de sa diplomatie intervient dans un contexte de tensions régionales réactivées.

La Chine a déclenché une tempête diplomatique en instaurant unilatéralement en novembre 2013 une "zone d'identification de la défense aérienne" (ADIZ) sur une grande partie de la mer de Chine orientale, dont le tracé incluait des îles sous contrôle japonais mais revendiquées par la Chine.

La situation s'est encore détériorée après la visite du Premier ministre japonais Shinzo Abe le 26 décembre au sanctuaire Yasukuni, à Tokyo. Pour la Chine, ce lieu symbolise l'agression et l'occupation militaire nippones avant et pendant la Seconde Guerre mondiale.

Depuis, les deux voisins et rivaux n'ont rien fait pour désamorcer la tension.

Le quotidien japonais Asahi Shimbun a même récemment rapporté que la Chine avait jeté les bases d'un projet d'une nouvelle zone de défense aérienne qui inclurait les îles Paracels, petit archipel sous le contrôle de Pékin mais revendiqué par le Vietnam.

La Chine revendique la quasi-totalité de la mer de Chine méridionale, y compris des zones très éloignées de ses côtes et la marine chinoise exerce de l'avis des observateurs une pression accrue autour d'îlots revendiqués par les Philippines.

Le département d'Etat américain à mis en garde Pékin contre l'initiative d'une nouvelle ADIZ en mer de Chine du Sud, qui serait considérée comme "un acte provocateur et unilatéral qui augmenterait les tensions".

Mais Pékin a balayé cet avertissement en mettant en avant sa souveraineté en matière de défense. "La Chine en tant qu'Etat souverain a toute légitimité pour agir dans le domaine de sa sécurité aérienne, y compris en mettant en place une zone d'identification de la défense aérienne", a assuré le ministère chinois des Affaires étrangères.

La Corée du Nord figure aussi au menu du voyage du chef de la diplomatie américaine.

Les Etats-Unis espèrent toujours une meilleure coopération de Pékin, seul allié de poids de Pyongyang, pour convaincre le régime de Kim Jong-Un d'abandonner son programme nucléaire.

Les discussions avec Xi Jinping "ont été très constructives, très positives et je me félicite que nous ayons eu l'occasion de nous pencher en détail sur certains défis posés par la Corée du Nord", a déclaré aux journalistes John Kerry.

Arrivé de Séoul, M. Kerry doit poursuivre sa tournée éclair asiatique à Jakarta puis Abou Dhabi.

Certains ont suggéré qu'il ne faisait pas étape à Tokyo pour marquer la désapprobation de Washington concernant la visite de M. Abe au sanctuaire Yasukuni.

Mais depuis la Maison Blanche a annoncé que le président Barack Obama se rendrait en avril au Japon, allié des USA, dans le cadre d'une nouvelle tournée asiatique.

Jeudi à Séoul, M. Kerry a prévenu que les Etats-Unis n'accepteraient de négocier avec la Corée du Nord que pour lors de discussions "pour de bon".

Il a enfin rappelé que les îles Senkaku (administrées par Tokyo mais revendiquées par Pékin sous le nom de Diaoyu) relevaient du traité de sécurité prévoyant l'intervention des Etats-Unis en cas d'attaque d'un pays tiers.

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