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14/02/2014 05:48 EST | Actualisé 16/04/2014 05:12 EDT

Italie - Garcia: "On ne connaît pas les limites" de la Roma

Rudi Garcia, qui a conquis le petit monde de l'AS Rome par ses résultats, son jeu et sa communication colorée, explique à l'AFP qu'il peut aller encore plus haut, car "on ne connaît pas encore les limites de ce groupe".

Q: Quel bilan faites-vous de vos sept premiers mois ?

R: "Le bilan est positif. On a perdu un seul match en championnat, chez le premier. On a malheureusement refermé mercredi le livre de la Coupe d'Italie (élimination contre Naples, ndlr). Mais pour l'instant, la Roma fait pratiquement un sans-faute. On se réjouit de ce qu'on a fait mais on n'a encore rien gagné."

Q: De l'Europe en début de saison vous avez visé ensuite le sprint final. Avez-vous aiguisé vos ambitions ?

R: "Mais tout le monde nous a parlé très vite de scudetto ici, déjà après deux, trois victoires ! On n'a pas changé notre objectif initial, retrouver l'Europe. Vu comment se déroule la saison, on a envie de se qualifier pour la Ligue des champions, évidemment. Dans toutes mes équipes, l'idée a toujours été de ne pas se donner de limites. On ne connaît pas encore les limites de ce groupe et c'est positif. On a gagné en sérénité et en estime, les uns envers les autres, et petit à petit tout le monde a pris conscience de la force de cette équipe."

Q: Pour le scudetto, la Juventus n'est-elle pas un tout petit peu trop forte ?

R: "On verra... Ils nous ont battus 3-0, le vainqueur a toujours raison et sur ce match il n'y avait rien d'autre à dire. Mais on les a battus 1-0 en Coupe et on a apporté une réponse. Maintenant ils ont de l'avance, on n'a pas notre destin entre nos pieds, nous devons continuer à prendre des points et si jamais ils ralentissent, nous devrons être prêts."

Q: Gervinho est très précieux en ce moment. Au Mans, à Lille puis à la Roma, il brille toujours avec vous. Avez-vous un rapport particulier ?

R: "Gervinho je l'ai pris parce que c'est un profil qu'on n'avait pas dans l'effectif. Quand on a un joueur comme ça, il faut lui laisser toute liberté. Et même plus: il faut l'obliger à jouer son jeu. A l'entraînement, comme je prône un jeu collectif ou le ballon voyage beaucoup, une touche, deux touches, le danger serait d'oublier de faire travailler Gervinho sur ses qualités de dribbles. Si c'est pour le faire jouer dans un autre rôle, il ne sert à rien et ce n'était pas la peine de le prendre."

Q: Il ne sort plus de l'équipe. Vous n'avez pas peur qu'il passe pour votre chouchou ?

R: "S'il joue, c'est aussi parce qu'il est en parfaite condition physique. J'ai surtout un rapport plus dur avec lui, parce que justement je l'ai fait débuter au Mans, que je l'ai récupéré à Lille et que je l'ai pris à la Roma. Il n'a aucun passe-droit, je suis beaucoup plus exigeant avec lui, mais comme c'est un joueur intelligent il le comprend très bien et il s'en sert pour avancer. Tout le monde aime bien dire, de temps en temps, dans une équipe: +Lui c'est le fils de l'entraîneur+. Mais il n'est pas +le fils de l'entraîneur+, je suis plus dur avec lui. Par contre, je sais comment il fonctionne, sur le terrain comme en-dehors, je sais sur quelle corde jouer pour qu'il donne le meilleur. Après, le plus important c'est l'estime de ses partenaires et la confiance des tifosi."

Q: Tactiquement, êtes-vous un adepte du 4-3-3 ?

R: "Je m'adapte aux joueurs à ma disposition. Ici, j'ai un milieu de terrain créatif, le coeur de mon jeu. L'équipe est à même de jouer en 4-3-3 avec un +regista+, façon Pirlo, comme ils l'appellent ici en Italie. C'est notre +sentinelle+ à nous. Mais le terme est beaucoup plus négatif en français, +regista+ donne plus la part belle au jeu offensif."

Q: "On a remis l'église au centre du village", Strootman la "machine à laver"... Le succès de vos expressions "fritaliennes" a facilité votre communication. Est-ce qu'elles sont préparées ?

R: "Ah, des fois on les prépare et des fois ça tombe juste. Il faut bien évidemment maîtriser un peu sa communication, mais parfois il y a une dose de coïncidence. Ce qui est banal en français ne l'est plus en italien quand il n'y a pas la traduction. L'église au centre du village (après la victoire dans le derby contre la Lazio, ndlr) n'existe pas en italien, mais tout le monde a compris !"

Propos recueillis par Emmanuel BARRANGUET

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