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14/02/2014 05:48 EST | Actualisé 16/04/2014 05:12 EDT

Des camps d'opposants sont démantelés à Bangkok

La police anti-émeute thaïlandaise est intervenue vendredi pour démanteler plusieurs campements occupés depuis plus de trois mois par les opposants qui réclament la démission de la première ministre Yingluck Shinawatra.

Les opérations de police se sont concentrées dans le quartier des ministères, dans le centre historique de la capitale, et ont évité les carrefours routiers du quartier
commercial et d'affaires, principaux points de ralliement des manifestants qui ont promis de paralyser Bangkok jusqu'à ce que leurs revendications soient entendues.

« Notre police est prête à reprendre le contrôle de l'espace public et essaiera d'éviter toute violence », a déclaré à Reuters Paradorn Pattanathabutr, chef du Conseil de sécurité nationale. Selon lui, 5000 policiers ont été déployés dans la capitale en vue de cette opération.

La police a évité jusqu'à présent la confrontation avec les manifestants, même si diverses violences ont fait 11 morts depuis le début du bras de fer entre l'opposition et Yingluck Shinawatra.

Vendredi, plus d'un millier de policiers ont investi sans heurt le secteur qui s'étend de l'hôtel Royal Plaza au bureau des Nations unies, occupé depuis novembre par les manifestants antigouvernementaux, a rapporté un journaliste de Reuters.

Certains policiers étaient armés, mais la plupart n'étaient équipés que de bâtons et de boucliers, a-t-il constaté.

Des opposants ont insulté les policiers lorsqu'ils sont intervenus, mais il n'ont pas résisté, comme cela avait été le cas dans ce quartier en novembre et décembre.

Une révolte qui s'essouffle?

Le chef de file de l'opposition, Suthep Thaugsuban, a néanmoins appelé ses partisans à tenir tête aux autorités dans un discours prononcé jeudi soir.

« La police dit qu'elle va disperser les manifestants (...) Nous devons nous préparer à nous défendre », a-t-il dit.

Le sit-in démantelé vendredi ne fait pas partie des trois principaux campements des manifestants antigouvernementaux, dont le nombre s'est constamment réduit ces dernières semaines. Ils ont néanmoins réussi à bloquer un cinquième des bureaux de vote lors des élections législatives du 2 février.

Outre la démission de la première ministre, les opposants réclament une réforme du système électoral pour mettre fin à la domination de la famille Shinawatra sur la vie politique thaïlandaise.

Le chef de l'armée, qui a mené de nombreux coups d'État par le passé, a appelé jeudi les deux camps à la retenue.