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14/02/2014 10:46 EST | Actualisé 16/04/2014 05:12 EDT

Craintes environnementales pour Anticosti

De 15 à 18 puits seront forés cet été sur l'île d'Anticosti, afin de déterminer s'il est possible d'exploiter le pétrole qui s'y trouve. La phase exploratoire échappe au Bureau d'audiences publiques sur l'environnement (BAPE), ce qui inquiète les écologistes.

« L'implication du BAPE à ce stade-ci, serait essentielle », estime le biologiste Sylvain Archambault, porte-parole de la Coalition Saint-Laurent, qui milite pour un moratoire sur l'exploration et l'exploitation gazière et pétrolière dans le golfe.

« Le BAPE n'est pas seulement pour permettre aux citoyens de s'exprimer, mais aussi pour permettre à un tas de spécialistes extérieurs de poser des questions, de faire des démonstrations, de s'impliquer dans le dossier », explique-t-il.

Il note que tous les forages exploratoires à Terre-Neuve sont soumis à une procédure d'évaluation environnementale, accompagnée d'une participation citoyenne. En novembre, la province a même mis en place un moratoire sur la fracturation hydraulique pour le pétrole de schiste, technique envisagée pour Anticosti, rappelle-t-il.

« On a des leçons à apprendre de notre voisin terre-neuvien qu'on dit si proactif au niveau pétrolier », croit Sylvain Archambault.

Le gouvernement, s'inquiète-t-il, ne semble pas se préoccuper de l'acception sociale, étant donné que l'île ne compte qu'une poignée de résidents.

De plus, M. Archambeault se préoccupe de la technique qui devra être utilisée pour extraire le pétrole de schiste, puisque la fracturation hydraulique nécessite « des quantités phénoménales d'eau », alors que cette ressource se fait rare sur Anticosti.

L'industrie songe à utiliser, en remplacement de l'eau, du gaz naturel liquéfié. Rien pour rassurer le biologiste, puisqu'il s'agit d'une « technique très expérimentale ». « Anticosti servirait de laboratoire en quelque sorte », se désole-t-il. 

Tout ça alors que la loi sur les hydrocarbures, qui doit encadrer le procédé de fracturation hydraulique sur le territoire québécois, n'a pas encore été déposée, dit-il.