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14/02/2014 04:39 EST | Actualisé 15/04/2014 05:12 EDT

Centrafrique : urgence d'agir pour éviter un nettoyage ethnique, dit l'ONU

Le casse-tête centrafricain et le risque d'un véritable nettoyage ethnique mettent la communauté internationale face à ses limites. Le secrétaire général de l'ONU a une nouvelle fois appelé vendredi à une action d'urgence, devant le Conseil de sécurité.

Mais le pire, les milliers de musulmans qui ont tenté vendredi pour la deuxième fois en une semaine de fuir la capitale, Bangui, le connaissent déjà.

Ils ont été contraints de rebrousser chemin par les soldats de maintien de la paix, pendant que des foules de chrétiens en colère menaçaient de tous les tuer.

Au moins 13 cadavres de personnes non identifiées ont été découverts dans une citerne dans un camp de Bangui, selon une source judiciaire.

Toujours à Bangui, une personne a été tuée lors d'une attaque à la grenade perpétrée par des miliciens chrétiens, et l'armée française a dû intervenir pour secourir des blessées pendant que la foule incendiait des pneus en criant des slogans antimusulmans et antifrançais.

Les musulmans, qui représentent environ 15 % de la population, sont de plus en plus ciblés par les milices chrétiennes et des foules en colère. Ils sont fréquemment mutilés et brûlés.

Renforts français et européens

La France a déjà annoncé l'envoi de 400 nouveaux soldats pour tenter de rétablir l'ordre dans le pays.

Paris compte porter à 2000 soldats ses effectifs en République centrafricaine, alors que la MISCA, force panafricaine, compte 5400 militaires sur les 6000 prévus.

L'Union européenne a pour sa part promis de déployer au moins 500 soldats à partir de mars. 

Plus de 2000 personnes ont été tuées dans le pays depuis mars 2013, quand des combattants de la coalition rebelle Séléka (musulmans) ont renversé le gouvernement du président président François Bozizé et se sont emparés du pouvoir.