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14/02/2014 11:06 EST | Actualisé 16/04/2014 05:12 EDT

Centrafrique: 400 soldats français de plus, l'UE appelée à accélérer son déploiement

La France s'est résolue vendredi à envoyer 400 militaires en renfort en Centrafrique, portant ainsi son dispositif militaire sur place à 2.000 hommes, et a appelé les Européens à accélérer le déploiement de leurs soldats alors que les violences meurtrières restent quotidiennes.

La décision a été prise par le président François Hollande à l'issue d'un Conseil de Défense restreint vendredi à l'Elysée.

"Le Conseil a pris en considération l'appel du Secrétaire Général des Nations unies, M. Ban Ki-moon, à une mobilisation de la communauté internationale, ainsi que la décision de l'Union européenne d'engager une opération militaire en Centrafrique", indique l'Elysée dans un communiqué.

François Hollande "a décidé de porter temporairement à 2.000 les effectifs militaires français déployés en Centrafrique. Cet effort supplémentaire de 400 hommes comprend le déploiement anticipé de forces de combat et de Gendarmes français qui participeront ensuite à l'opération militaire de l'Union Européenne dès son déploiement", ajoute la présidence.

La France a déployé début décembre 1.600 hommes dans le pays, mais cet effectif limité, qui agit officiellement en soutien des 6.000 hommes de la force africaine, la Misca, n'a pas permis de faire cesser les violences et les représailles entre communautés chrétienne et musulmane.

Les 400 militaires supplémentaires proviendront des forces françaises prépositionnées en Afrique et devraient arriver dans les prochains jours à Bangui. Selon une source à la Défense, il s'agira d'éléments de combat d'infanterie, d'éléments pour la logistique, mais aussi d'hélicoptères pour renforcer la mobilité de Sangaris. L'augmentation des effectifs français doit notamment leur permettre de se déployer plus largement et efficacement en province.

Le chef de l'Etat français appelle également "l'Union Européenne à accélérer le déploiement de la mission Eufor, y compris la Force de gendarmerie européenne", ajoute-t-elle.

Eufor-RCA, dont le quartier général d'opération sera basé à Larissa (Grèce), se concentrera sur Bangui avec la mission de sécuriser la zone de l'aéroport Mpoko qui abrite un immense camp où vivent plus de 70.000 personnes.

La Force européenne de Gendarmerie est une structure créée par six pays indépendamment de l'UE. L'Urogendfor (FGE) est composée de gendarmes français, italiens, néerlandais, portugais, espagnols et roumains et a déjà été utilisée dans des situations de crise en Bosnie et à Haïti.

Selon des sources diplomatiques, un nombre plus important que prévu de pays européens pourraient envoyer des soldats dans le cadre de l'opération militaire de l'UE. Au total, l'opération "pourrait comporter au total près de 900 militaires", soit davantage que les 500 prévus jusqu'à présent, selon le décompte du site Bruxelles 2 spécialisé dans la défense européenne.

Outre la France, "nation cadre" de l'opération, cinq pays de l'UE ont proposé une contribution "substantielle" à Eufor-RCA afin qu'elle puisse commencer à se déployer à Bangui à partir de mars, selon un diplomate.

La Pologne pourrait envoyer environ 140 hommes. La Géorgie, pays non-membre de l'UE mais désireux de s'en rapprocher, a également proposé plus de 100 soldats. Une autre compagnie pourrait être formée de militaires déployés par l'Estonie, la Lettonie, le Portugal et la Roumanie, qui enverraient chacun entre 30 et 50 hommes. L'Espagne envisage également d'être présente.

Jusqu'à présent, ni l'Allemagne ni le Royaume-Uni ni l'Italie n'ont fait part de leur intention d'envoyer des troupes.

bur-kat/jmc