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14/02/2014 01:33 EST | Actualisé 16/04/2014 05:12 EDT

Brésil : Vale et Belo Monte soupçonnés d'espionner les mouvements sociaux

Deux grandes entreprises brésiliennes, Vale (premier producteur mondial de minerai de fer) et Norte Energia (le consortium en charge du barrage controversé de Belo Monte en Amazonie) espionnent les mouvements sociaux, affirment des défenseurs des droits de l'homme.

Une mission de l'Observatoire des défenseurs des droits de l'homme (FIDH-OMCT) a présenté vendredi à Rio de Janeiro les premières conclusions d'une enquête d'une semaine au Brésil sur des dénonciations d'infiltration d'employés de ces entreprises dans les mouvements sociaux, dans le but de les espionner et ont exhorté les autorités à faire la lumière sur ces agissements.

"Nous avons découvert que Vale dépense de 200.000 à 500.000 réais par mois (61.000 à 153.000 euros) pour enquêter sur les mouvements sociaux" considérés comme des entraves à ses activités, a déclaré l'avocat français Alexandre Faro, responsable de la mission, au siège de l'ONG Justiça Global.

"Vale a eu accès au réseau Infoseg", un réseau brésilien de données personnelles d'organismes gouvernementaux, "ce qui est tout à fait illégal". Cela montre "que des fonctionnaires d'entreprises d'État sont probablement complices", a ajouté M. Faro.

Un ancien directeur de sécurité de Vale, André Almeida, a fait plusieurs dénonciations dans ce sens lors d'une audience au Sénat en octobre 2013, selon la mission.

Belo Monte est accusé notamment d'avoir infiltré un de ses fonctionnaires dans une réunion du mouvement Xingu Vivo, qui s'oppose à la construction du gigantesque barrage sur le fleuve Xingu.

Selon Jimena Reyes, responsable du bureau des Amériques de la FIDH, certains documents prouvent "la corruption d'agents de l'Etat et même un soutien présumé de l'Agence brésilienne de renseignements (ABIN)".

"Ce qui est en jeu c'est la démocratie du Brésil. Aujourd'hui des entreprises privatisent la sécurité. Nous voulons savoir si cela a cessé ou va cesser", a souligné M. Faro.

Les deux entreprises rejettent les accusations, selon les responsables de la mission.

Interrogée par l'AFP, le service de presse de Vale à Rio a affirmé "ne pas faire de commentaire pour le moment".

Les autorités brésiliennes se sont élevées contre les pratiques d'espionnage du gouvernement américain après les révélations de l'informaticien Edward Snowden et ne peuvent donc pas admettre que des pratiques de ce genre aient ait lieu sur son territoire, et qui plus est, de la part d'entreprises qui sont en partie financées par les deniers publics, ont expliqué les défenseurs des droits de l'homme.

cdo/hdz/via

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