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13/02/2014 02:00 EST | Actualisé 15/04/2014 05:12 EDT

USA: les fuites dans le réseau de gaz 50% plus élevées qu'estimé (étude)

Les fuites de gaz naturel --principalement du méthane-- sont en moyenne 50% plus élevées dans le système de production et de distribution aux Etats-Unis qu'estimée par l'industrie et l'Agence de protection de l'environnement(EPA), selon une étude publiée jeudi.

Même de petites fuites ont un impact sur l'environnement car le méthane est un gaz à effet de serre 30 fois plus puissant que le dioxyde de carbone (CO2) qui contribue de ce fait davantage au réchauffement climatique.

Les chercheurs qui publient leurs travaux dans le revue américaine Science ont analysé plus de 200 études qui portaient sur les fuites de méthane au niveau local comme au niveau national aux Etats-Unis et au Canada.

"Les personnes qui vont sur le terrain et mesurent physiquement le méthane trouvent que les émissions de ce gaz sont toujours plus élevées qu'attendu", souligne Adam Brandt, professeur d'ingénierie des ressources énergétiques à l'université Stanford en Californie, un des auteurs de cette nouvelle analyse.

Cette recherche à laquelle ont participé des chercheurs de sept universités, plusieurs laboratoires nationaux et agences gouvernementales, a déterminé que les études atmosphériques couvrant de vastes étendues indiquent systématiquement que les émissions de méthane aux Etats-Unis sont de 25 à 75% plus élevées qu'estimées par l'EPA.

Une partie de ces différences s'explique par le fait que l'EPA se concentre sur les émissions de méthane issues des activités humaines y compris celles provenant des troupeaux de bétail.

L'agence exclut les sources naturelles de ce gaz comme celles provenant de fosses géologiques et des marécages qui sont automatiquement comptabilisées par les mesures atmosphériques.

Malgré des fuites plus importantes qu'estimé de méthane dans le réseau, produire de l'électricité par la combustion de gaz naturel émet nettement moins de gaz à effet de serre qu'en brûlant du charbon. Non seulement le charbon émet, en brûlant, d'énormes quantités de dioxyde de carbone (CO2) mais son extraction minière produit aussi du méthane.

Les auteurs ont en outre été surpris de constater que le fait d'utiliser du fioul pour les moteurs diesel des autobus et camions au lieu du gaz naturel est un plus pour l'environnement car ces moteurs sont relativement propres.

Pour que le gaz naturel soit supérieur au fioul dans le transport il faudrait que l'industrie gazière ait moins de fuites pour faire baisser les émissions totales de méthane dans l'atmosphère, ce qui paraît improbable, selon ces chercheurs.

"Utiliser le gaz naturel pour alimenter les moteurs de poids lourds et de bus peut améliorer localement la qualité de l'air et réduire les importations pétrolières mais cela ne permettrait probablement pas de réduire suffisamment les émissions totales de gaz à effet de serre", selon le professeur Brandt.

"Même si toutes les voitures fonctionnaient au gaz naturel on serait encore à la limite en termes de réchauffement climatique", selon lui. Pour ces chercheurs il est important que l'industrie du gaz naturel réduise ses fuites de méthane pour tenir sa promesse d'être bénéfique pour l'environnement.

js/mdm