POLITIQUE
13/02/2014 05:00 EST | Actualisé 15/04/2014 05:12 EDT

Travailleurs temporaires étrangers: de nouvelles règles seront annoncées

TORONTO, ON - FEBRUARY 20:        (Keith Beaty/Toronto Star via Getty Images)
Keith Beaty via Getty Images
TORONTO, ON - FEBRUARY 20: (Keith Beaty/Toronto Star via Getty Images)

OTTAWA - La prochaine série de changements au programme fédéral de travailleurs temporaires étrangers devrait prévoir une voie rapide pour les métiers et professions en demande dans les régions où le taux de chômage est plus faible, a indiqué le ministre de l'Emploi.

Jason Kenney a précisé, jeudi, qu'Ottawa prévoyait présenter sa seconde version des modifications apportées au programme dès le mois d'avril.

«Il ne fait pas de doute que nous avons vu des abus qui m'agacent, et c'est l'une des raisons pour lesquelles nous avons changé certaines règles l'an dernier», a déclaré M. Kenney lors d'une entrevue avec La Presse Canadienne.

Ces nouveaux changements pourraient bien être une tentative d'apaisement des entreprises, des chambres de commerce et même des syndicats, qui ont dénoncé la paperasse et les longs délais entraînés par les modifications précédentes.

La deuxième ronde des changements permettrait ainsi d'accélérer le mécanisme d'«avis relatif à l'impact sur le marché du travail» (AMT), grâce auquel les fonctionnaires fédéraux déterminent s'ils accordent ou non le feu vert à l'entreprise qui demande d'embaucher des travailleurs étrangers, a expliqué le ministre Kenney.

«Je n'ai aucun intérêt à accélérer les demandes d'AMT pour que des travailleurs étrangers viennent occuper des emplois faiblement rémunérés dans des régions où le chômage est élevé», a indiqué M. Kenney. «Mais j'ai intérêt à m'assurer que lorsqu'il y a une pénurie de compétences clairement démontrée, nous rendions le programme disponible en dernier recours.»

Ainsi, en dernier recours, là où il y a une pénurie réelle de main d'oeuvre qualifiée, le gouvernement fédéral autoriserait l'accès des employeurs au programme de travailleurs temporaires étrangers.

Certains acteurs estiment toutefois que les changements proposés pourraient pénaliser des entreprises établies dans des villes qui ont besoin de travailleurs spécialisés mais dont les taux de chômage sont supérieurs à la moyenne nationale, comme Toronto et Montréal.

Robert Blakely, directeur des affaires canadiennes à la confédération syndicale américaine AFL-CIO, a salué le gouvernement pour sa volonté de s'attaquer au problème, particulièrement en ce qui concerne les abus.

«La question se résume à ceci: une fois que des personnes ont été admises au pays, comment nous assurer que l'utilisation de ces travailleurs est appropriée s'il y a des Canadiens prêts à occuper ces emplois?», a-t-il souligné. «Les nouvelles règles vont aider à ce chapitre.»

Mais il a estimé que les changements devraient être liés à la formation. Les entreprises qui font une demande pour embaucher des travailleurs étrangers temporaires devraient être contraintes de fournir une formation aux travailleurs canadiens, a dit M. Blakely.

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