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13/02/2014 09:23 EST | Actualisé 15/04/2014 05:12 EDT

Thaïlande: opération contre des sites de manifestants

Des milliers de policiers anti-émeute étaient déployés à Bangkok vendredi pour tenter de reprendre plusieurs sites stratégiques occupés par les manifestants qui réclament le départ du gouvernement depuis plus de trois mois.

"Nous ciblons quatre sites" dont le siège du gouvernement et le ministère de l'Intérieur, a déclaré le chef du Conseil de sécurité nationale Paradorn Pattanatabut à l'AFP, précisant que des négociations auraient d'abord lieu avec les manifestants.

"Nous reprendrons où nous pourrons et arrêterons les leaders des manifestations", a-t-il promis. "Ce n'est pas une répression des manifestations, c'est l'application de la loi", a-t-il encore indiqué, notant que les rassemblements étaient illégaux et que des armes étaient présentes sur les sites.

La Première ministre Yingluck Shinawatra fait face depuis l'automne à un mouvement de rue réclamant sa tête et la fin de l'influence de son frère Thaksin Shinawatra, ancien chef de gouvernement renversé par un coup d'Etat en 2006.

Le milliardaire, accusé de continuer à gouverner via sa soeur, reste malgré son exil le facteur de division du pays entre masses rurales et urbaines défavorisées du nord et du nord-est, qui l'adorent, et les élites de Bangkok qui le voient comme une menace pour la révérée monarchie.

Les élections anticipées du 2 février n'ont pas permis de sortir de la crise qui a déjà fait au moins dix morts. Les manifestants ont ainsi fortement perturbé le scrutin et 10.000 bureaux de vote n'ont pu ouvrir.

Aucun résultat n'a été publié en attendant deux nouvelles journées de vote fin avril.

Les manifestants, alliance hétéroclite réunie par sa haine envers Thaksin, ont depuis le début du mouvement occupé ou assiégé de nombreux ministères et administration.

Dans le cadre de leur opération de "paralysie" de Bangkok lancé mi janvier, ils occupent également plusieurs carrefours stratégiques dans le centre de la capitale.

L'opération de vendredi ne semblait pas viser ces sites, mais plutôt le quartier abritant le siège du gouvernement.

La police y a enlevé des tentes installées par les manifestants et leur a demandé par haut-parleur de ne pas résister, selon des journalistes de l'AFP.

Les manifestants, qui n'étaient plus que quelques milliers sur les différents sites cette semaine selon les chiffres officiels, ont annoncé un nouveau grand rassemblement à partir de ce vendredi.

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