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13/02/2014 05:22 EST | Actualisé 15/04/2014 05:12 EDT

Québec: feu vert à l'exploration pétrolière sur l'île d'Anticosti

Le gouvernement du Québec a donné jeudi son feu vert à l'exploration pétrolière sur l'île d'Anticosti, dans le golfe du Saint-Laurent, afin de réduire potentiellement sa dépendance énergétique, mais au risque de mettre en danger l'écosystème d'une nature sauvage.

Grande comme la Corse, cette île de seulement 200 habitants et surtout occupée par 200.000 cerfs de Virginie, regorgerait de 30 à 40 milliards de barils de pétrole.

Le gouvernement québécois veut "favoriser l'indépendance énergétique du Québec", a déclaré Pauline Marois, première ministre du Québec lors d'une conférence de presse. La moitié du déficit commercial de la province sur les dix dernières années est à mettre au compte des achats de produits pétroliers.

"Nous devons réduire notre dépendance au pétrole étranger", a-t-elle ajouté en lançant cette exploration prévue pour l'été prochain avec des investissements publics et privés, dont la société para-pétrolière française Maurel et Prom.

Par cet accord avec le privé, "le gouvernement du Québec reprend ses droits sur des ressources naturelles" et dans "le respect des normes environnementales", a assuré Mme Marois.

Sur cette île sauvage, les habitants comptent sur la chasse et la pêche pour vivre et moins sur le rare tourisme estival. Avant le pétrole, la véritable richesse de l'île, c'est le cerf et les chasses organisées pour de riches Américains.

Marc Lafrance, opposant à l'exploitation pétrolière, avait fait part de ses craintes l'été dernier à l'AFP quant à l'impact sur l'environnement d'une exploitation pétrolière en raison des technologies de fracturation de la roche-mère où est emprisonné le brut.

En s'engageant dans l'exploration pétrolière, le Québec "va dans la mauvaise direction" en matière de lutte contre le réchauffement climatique, a mis en garde jeudi Steven Guilbeault, directeur de l'organisation écologiste Equiterre.

Pour l'île d'Anticosti, les deux sociétés Pétrolia et Corridor Ressources qui détiennent les droits de forage vont apporter ces droits dans une société commune détenue à 34,9% par la société publique Ressources Québec. Maurel et Prom, Pétrolia et Corridor Ressources détiendront chacun 21,7% de cette co-entreprise au capital de 100 millions de dollars canadiens (67 millions d'euros).

Par ailleurs, pour mieux contrôler tous les droits d'exploration et d'exploitation éventuelle, Ressources Québec va investir dans une autre co-entreprise avec Junex, une société qui détient un quart des droits pour l'instant sur l'île. Dans un montage à finaliser, Ressources Québec détiendrait "au moins 40% de cette coentreprise" aux côtés de Junex et d'un autre opérateur.

Si l'exploration devait se concrétiser par une mise en production, une autre société serait créée. Les retombées économiques potentielles pour le gouvernement pourraient atteindre 45 milliards de dollars canadiens sur trente ans, a indiqué le ministre québécois des Finances, Nicolas Marceau.

Il a ajouté que le montage financier permettrait "pour chaque dollar, 61 cents" de recettes pour le budget du Québec sous forme de redevances, impôts et de dividendes des participation dans les co-entreprises.

Pour Nicolas Marceau, le montage avec les détenteurs de permis permettra au gouvernement "de contrôler près de 50% des permis sur l'île d'Anticosti et d'obtenir plus de 60% des bénéfices liés à l'exploitation pétrolière".

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