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13/02/2014 07:51 EST | Actualisé 15/04/2014 05:12 EDT

Pétition à l'appui, des femmes autochtones redemandent une enquête publique

C'est avec une pétition contenant plus de 23 000 appuis que l'Association des femmes autochtones du Canada s'est présentée à la Chambre des communes pour exiger de nouveau une commission d'enquête publique nationale sur la disparition et l'assassinat de plus de 600 femmes autochtones.

Selon Michèle Audette, présidente de l'AFAC, cette commission d'enquête est une étape cruciale pour mettre en place un plan d'action national pour contrer la violence dont les femmes et les filles autochtones sont victimes tous les jours.

Refus du gouvernement, appui du NPD

Depuis 2012, l'Assemblée des Premières Nations et l'AFAC n'ont pas été les seuls à revendiquer une commission d'enquête. Un rapporteur spécial de l'ONU a incité le Canada à mettre sur pied un examen national afin de mettre fin à la violence envers les femmes autochtones.

Le gouvernement a rejeté toutes ces demandes en disant qu'il s'était engagé envers les autochtones et les non-autochtones à créer des mesures pour prévenir et cesser la violence envers les femmes autochtones.

Néanmoins, le Nouveau Parti démocratique, qui a déjà fait des démarches pour la création de cette commission, réitère son appui à l'AFAC. Par voie de communiqué, la porte-parole du NPD en matière de condition féminine, Nikki Ashton, affirme que « la violence faite aux femmes a atteint des proportions épidémiques - elle touche de plus en plus de familles et de collectivités tous les mois ».

Des statistiques éloquentes

Selon un rapport de 2009 de Statistiques Canada, les femmes autochtones sont plus susceptibles que les femmes non autochtones à déclarer être victimes de violences. Elles deviennent aussi plus souvent victimes d'homicide.

Un budget fédéral décevant

Dans son plan budget fédéral déposé mardi, le gouvernement alloue plusieurs millions de dollars à l'éducation des Premières Nations, mais Michèle Audette, présidente de l'AFAC, craint qu'il n'y ait aucune mesure concrète pour soutenir les femmes autochtones souvent chefs de familles monoparentales. « Les montants prévus dans ce budget ne sont pas suffisants pour réduire la violence envers les femmes autochtones en général et sont très loin de répondre à notre demande pour la tenue d'une enquête publique nationale et l'élaboration d'un plan d'action détaillé. »