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13/02/2014 02:21 EST | Actualisé 15/04/2014 05:12 EDT

Pour l'entraîneur Mike Babcock, le Canada a encore beaucoup de travail à faire

SOTCHI, Russie - Oui, le Canada a inscrit un gain de 3-1 contre la Norvège à son premier match du tournoi olympique de hockey des Jeux de Sotchi. Mais aux yeux de tout le monde, surtout de son entraîneur-chef, Mike Babcock, cette performance est loin d'avoir été parfaite.

«Nous n'avons pas exécuté les jeux comme nous le voulions au cours de la première période, a-t-il indiqué. Je ne sais pas si c'est en raison de la nervosité ou de l'ardeur au jeu de la Norvège. Ils ont fait un sacré boulot pour garder le match serré. Nous avons obtenu 24 occasions de marquer et n'en avons pas vraiment profité. Ils ont été forts en couverture défensive, ils ont été physiques, bloqué une tonne de lancers et leur gardien a fait de gros arrêts.»

Quand on lui a demandé ce qu'il souhaitait voir de différent d'ici la conclusion du match que son équipe disputera face à l'Autriche, vendredi, Babcock n'est pas passé par quatre chemins.

«Beaucoup de choses, il le faut. (...) Il est temps qu'on se mette à jouer afin de voir ce qu'on a dans le ventre. C'est ce que nous avons fait (jeudi) et maintenant, on pourra s'améliorer à compter de (vendredi).

«On dispose maintenant de séquences vidéo de nos propres joueurs, on pourra parler de notre jeu d'ensemble... Une fois que vous vous faites confiance et que vous avez confiance en votre structure, que vous croyez que votre niveau d'habileté remontera à la surface, vous pouvez augmenter votre niveau de jeu d'un cran. J'ai vu plein de bonnes choses ce soir — n'allez pas croire que je trouve que nous avons joué un mauvais match —, mais nous savons que nous pouvons être bien meilleurs.»

C'est surtout la première qui a chatouillé un peu tout le monde. Manquant de cohésion, le Canada a éprouvé du mal à percer la défense des Norvégiens, qui ont de leur côté réussi leurs plus dangereuses percées au filet au cours de cet engagement.

«Je pense qu'il fallait s'attendre à ce genre de départ, a pour sa part analysé Patrice Bergeron, complice de deux buts. Pendant les vingt premières minutes, ça a été un peu plus brouillon. Mais je pense qu'on a appris à se connaître et qu'en deuxième et en troisième, ça a été beaucoup mieux. Nous en avions parlé: notre objectif est de nous améliorer de période en période.

«On n'a pas nécessairement changé quoi que ce soit entre la première et la deuxième. Je pense seulement que nous étions plus agressifs sur la rondelle et que nous nous sommes concentré à jouer davantage au hockey et à ne pas trop penser. Nous sommes tous de bons joueurs, il suffit de communiquer et de se faire confiance.»

Il faut croire que la confiance est revenue peu à peu: alors qu'en première, ils avaient été en mesure de suivre un tant soit peu le Canada et de menacer le filet de Carey Price, auteur de 19 arrêts à son baptême olympique, les Scandinaves ont été confinés à leur zone pour la majeure partie de la deuxième, concédant 14 tirs à leurs adversaires.

C'est au cours de cette période que le Canada a inscrit ses deux premiers buts. Shea Weber a d'abord fait 1-0 quand son puissant tir frappé a déjoué Lars Haugen au-dessus de l'épaule droite à 6:20. Jamie Benn a doublé l'avance des siens neuf minutes plus tard, après que Drew Doughty eut récupéré une rondelle à l'entrée de son territoire. Après avoir repéré Bergeron à l'autre ligne bleue, ce dernier a attiré les défenseurs norvégiens avant de refiler le disque à Benn, qui a marqué du côté du bloqueur.

Il aura fallu attendre à 18:09 de cette période médiane avant que la Norvège n'obtienne son premier lancer, anodin, de la zone neutre. Elle en obtiendra finalement deux dans cet engagement.

Mais la Norvège a profité d'une mauvaise sortie du gardien du Tricolore pour se rapprocher à un but seulement en tout début de troisième. Price est sorti pour immobiliser la rondelle pour l'un de ses défenseurs, mais c'est plutôt Mathis Olimb qui l'a récupérée. Son tir des poignets a ensuite été dévié par Patrick Thoresen, un but marqué en avantage numérique.

Il s'agissait du premier but en 30 ans pour les Norvégiens contre le Canada, eux qui avaient marqué contre l'unifolié pour la dernière fois aux Jeux de Sarajevo.

«C'est un petit manque de communication entre notre gardien et nos défenseurs qui s'est retrouvé dans le fond de notre filet, a excusé Babcock, en précisant que Roberto Luongo amorcera le match de vendredi, secondé par Mike Smith. Sinon, j'ai trouvé que Carey a joué tout un match.»

Chaise musicale

À ce premier match, Babcock a souvent jonglé avec ses trios et ses paires en défense, si bien qu'à la fin de la rencontre, il était difficile d'identifier clairement toutes les unités canadiennes.

«Avec les pénalités et les avantages numériques, c'est inévitable à un certain moment que les paires de défenseurs soient brisées, a argué Babcock. Et nous voulions faire entrer (Dan) Hamhuis dans le match à un certain moment. C'est la même chose à l'avant: quand les unités spéciales sautent sur la glace, il faut parfois s'ajuster en raison des dernières présences de tout le monde.»

Une chose est sûre, il a bien apprécié la prestation des quatre joueurs formant sa dernière ligne d'attaque: Bergeron, Martin-St-Louis, Benn et John Tavares.

«Ils ont été formidables. Deux ont joué en avantage numérique et les deux autres en désavantage et ils ont remplacé un peu partout. Ils ont été très bons. En fait, pour dire vrai, j'ai trouvé qu'ils ont été notre meilleure ligne d'attaque.»