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13/02/2014 03:09 EST | Actualisé 15/04/2014 05:12 EDT

Niger: libération des trois journalistes et d'un syndicaliste arrêtés mercredi

Trois journalistes nigériens et un syndicaliste qui avaient été interpellés mercredi à la suite d'un débat radiodiffusé ont été relâchés jeudi après-midi, a-t-on appris de sources concordantes.

"Nos trois confrères ont été remis en liberté cet après-midi (jeudi) par le procureur de la République après 24 heures de garde-à-vue à la police", a annoncé la radio Anfani, qui les emploie, sur ses ondes.

Les trois journalistes avaient été interpellés à la suite d'un entretien fin janvier avec un dirigeant d'un syndicat d'enseignants, Ismaël Salifou, qui avait également été arrêté.

L'entretien portait sur un bras de fer qui oppose ce syndicat à un responsable de l'éducation de Zinder (centre du pays), a expliqué Anfani.

Selon la télévision privée Ténéré, les trois journalistes étaient accusés de "propos outrageants envers le chef de l'Etat".

"Le procureur n'a retenu aucune charge contre les journalistes mais a demandé au syndicaliste, également libéré, de se présenter demain vendredi au parquet", a précisé Boubacar Diallo, le président de la Maison de la presse.

Au total, neuf journalistes, un opposant reconnu au pouvoir en place, un membre d'une ONG de défense des droits de l'Homme et un dirigeant syndical ont été arrêtés depuis le 25 janvier au Niger et relâchés.

La plupart ont été arrêtés à la suite de débats ou d'interviews sur des radios et télévisions locales, accusés notamment de "propos outrageants à l'égard du président de la République" ou "délit de presse et dénonciation calomnieuse".

Le climat politique est très tendu depuis août 2013 entre le régime du président Mahamadou Issoufou et son opposition.

Le ministre de la Justice Marou Amadou avait annoncé en janvier que ses services allaient poursuivre cinq cas "d'appels à la haine ethnique, à l'insurrection et au coup d'Etat" proférés sur des médias locaux.

"Nous sommes maintenant convaincus que le pouvoir veut museler la presse au Niger", a déclaré jeudi dans un communiqué Gabriel Baglo, directeur pour l'Afrique de la Fédération internationale des journalistes (FIJ).

"Arrêter neuf journalistes en moins d'un mois est une véritable entreprise de destruction de la liberté de la presse que tous les citoyens du Niger ont conquise de haute lutte!", a-t-il estimé.

Un texte de 2010 dépénalise les délits de presse au Niger.

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