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13/02/2014 04:59 EST | Actualisé 15/04/2014 05:12 EDT

Inflation mensuelle de 3,7% en janvier en Argentine, la plus forte depuis la crise

L'inflation pour le mois de janvier en Argentine a atteint 3,7%, la plus forte hausse des prix mensuelle depuis la crise économique de 2001/2002, a annoncé jeudi le ministre argentin de l'Economie, Axel Kicillof.

C'est la première fois que l'Argentine, accusée depuis 2007 par le Fonds monétaire international (FMI) de truquer ses indicateurs économiques, publie un taux d'inflation aussi proche de celui du secteur privé.

Mercredi, les instituts économiques privés avaient estimé que le coût de la vie avait augmenté de 4,6% au cours du premier mois de l'année.

En 2013, Buenos Aires avait estimé l'inflation annuelle à 11%, alors que les instituts privés la chiffraient à 28%.

L'Argentine est minée par l'inflation depuis six ans, en raison notamment d'un déficit budgétaire d'environ 5% du PIB.

En janvier, le pays sud-américain a dévalué le peso argentin de 20%, provoquant une secousse inflationniste, après avoir longtemps soutenu sa monnaie face au dollar, une politique coûteuse qui a dangereusement entamé les réserves en devises du pays, déjà réduites à cause du déficit de la balance énergétique.

"Ce nouvel indice des prix représente un changement inédit en Argentine car il est distinct de celui qui était élaboré jusqu'ici et il est national", alors que le précédent se fondait sur les prix de l'agglomération de Buenos Aires, a déclaré le ministre au cours d'une conférence de presse.

Dans un communiqué, le porte-parole du FMI Gerry Rice "a pris note" de l'annonce par Buenos Aires d'un nouvel indice des prix et souligné que le délai fixé par le Fonds, avant fin mars, avait été respecté. Le fonds avait préalablement annoncé qu'il ne porterait pas de jugement sur le nouvel indice avant plusieurs mois.

Le gouvernement de la présidente argentine de centre gauche Cristina Kirchner a opéré fin 2013 un changement de cap économique.

Après s'y être longtemps refusée, l'Argentine a scellé un accord d'indemnisation de la compagnie pétrolière espagnole Repsol, expropriée en 2012 de sa filiale argentine YPF, s'est rapprochée du Club de Paris pour solder sa dette et a dévalué le peso comme le réclamaient les milieux d'affaires.

ap/sym