POLITIQUE
13/02/2014 03:19 EST | Actualisé 15/04/2014 05:12 EDT

Le directeur général d'Élections Canada accusé de militantisme politique

PC

OTTAWA - Le gouvernement Harper a ouvert un nouveau front dans sa bataille contre Élections Canada, accusant son directeur de donner dans le militantisme politique, pour avoir dénoncé le projet de réforme électorale.

Le député conservateur Tom Lukiwski soutient que le directeur général, Marc Mayrand, a eu tort de critiquer le projet de loi sur la réforme électorale pendant une réunion privée avec son personnel.

M. Lukiswki est secrétaire parlementaire du leader du gouvernement en Chambre, et un membre très actif du comité des Communes qui examine ce projet de loi.

Selon lui, les propos de M. Mayrand, qui auraient été tenus lors d'une rencontre privée avec des employés d'Élections Canada, sont inappropriés pour un directeur général tenu d'observer la plus stricte impartialité.

Le quotidien «Ottawa Citizen» a rapporté l'affaire, citant une source anonyme. Le discours de M. Mayrand aurait laissé croire qu'à son avis, le gouvernement fédéral tente de punir Élections Canada avec ce projet de loi. Les conservateurs ont plusieurs fois accusé l'organisation de manquer d'objectivité dans ses efforts pour repérer des manquements à la loi électorale.

«M. Mayrand se plaignait du gouvernement dans un discours qui avait des allures de campagne pour rallier le personnel contre le gouvernement», a déclaré M. Lukiwski en commentant l'article du journal.

«Dans mon esprit du moins, cela ne fait pas de doute qu'il s'agit de militantisme politique.»

Le ministre responsable de la Réforme démocratique, Pierre Poilievre, a décliné l'invitation de M. Lukiswki à se prononcer sur la justesse des propos présumés de M. Mayrand. Il a toutefois laissé sous-entendre que M. Mayrand, qui a déjà critiqué publiquement certaines dispositions du projet de loi, avait fait une incursion dans le monde la politique avec de tels commentaires.

«Écoutez, je ne prends rien de tout cela personnellement. En politique, il arrive que les émotions atteignent des niveaux assez élevés», a-t-il mentionné.

M. Mayrand a notamment dénoncé une disposition du projet de loi qui l'empêcherait de communiquer avec les Canadiens sur tout sujet excluant les questions directement liées au scrutin — où et quand aller voter, et comment procéder.

Le gouvernement fédéral nie qu'il veuille tenter de museler le directeur général d'Élections Canada.

M. Lukiswki estime que M. Mayrand devrait garder ses commentaires pour lui jusqu'à ce qu'il soit invité par le comité parlementaire à partager son point de vue.

«Il a tout à fait le droit de commenter cette affaire devant le comité (parlementaire). Et s'il veut donner dans la critique, j'aimerais qu'il le fasse devant le comité», a-t-il affirmé.

Le porte-parole d'Élections Canada, John Enright, a refusé de commenter la sortie de M. Lukiwski. Il a toutefois résumé le discours de M. Mayrand, donné mercredi lors d'une soirée annuelle réunissant le personnel d'Élections Canada.

Il s'est exprimé sur une série de sujets dont la réforme sur le projet de loi, en «soulignant à la fois ses aspects positifs et les points qui l'inquiètent», a-t-il indiqué.

La relation entre Élections Canada et les conservateurs a été marquée par de nombreuses tensions au fil des ans.

Après une longue bataille, le parti a plaidé coupable et payé une amende dans une histoire de tractations pour outrepasser la limite permise des dépenses électorales en 2006.

Un employé de Guelph a été accusé et d'autres font toujours l'objet d'une enquête dans l'affaire des appels automatisés frauduleux en 2011. Des milliers d'électeurs avaient alors reçu un appel leur donnant des informations trompeuses sur le lieu de leur bureau de scrutin.

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