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13/02/2014 06:00 EST | Actualisé 15/04/2014 05:12 EDT

Bolivie : la Cour constitutionnelle rejette la dépénalisation de l'avortement

La Cour constitutionnelle de la Bolivie a rejeté la dépénalisation de l'avortement réclamée par des groupes féministes et a reconnu le droit à la vie dès la conception, a annoncé jeudi un magistrat.

"L'avortement est un crime" et "cette décision de la Cour constitutionnelle est une reconnaissance du droit à la vie", a déclaré le juge Gualberto Cusi à la presse dans la ville de Sucre (sud-est), siège du pouvoir judiciaire.

Confirmant ainsi le rejet de la dépénalisation, soutenu notamment par l'Eglise catholique, le magistrat a indiqué que cette décision "respectait l'intérêt de la société" et qu'elle était fondée "sur le raisonnement selon lequel la vie doit être respectée dès la conception".

La député Patricia Mancilla, membre du parti du président socialiste Evo Morales, et des organisations féministes avaient présenté en juin dernier une demande auprès de la Cour pour dépénaliser l'avortement et abolir les sanctions en figurant dans le Code pénal depuis les années 70.

"Tout avortement est un délit, c'est ce que je comprends, mais de façon officielle, je veux dire que nous évoquerons (avec les ministres) les débats qui agitent l'opinion publique", a déclaré à la presse le président Morales après l'annonce de cette décision.

Toute initiative visant à modifier la loi en faveur de l'avortement a été rejetée notamment par l'Eglise, les organisations évangélistes et des organisations pro-vie.

"Même les pierres parlent et sont vivantes. Si même une pierre est vivante, comment pouvons-nous ne pas protéger la vie d'une personne ?", s'est exclamé pour sa part le juge Cusi, d'origine indienne aymara.

"Nous ne pouvons pas aller à l'encontre de nos principes et de nos valeurs", a-t-il ajouté.

Le Code pénal bolivien prévoit une peine de deux à six ans de prison pour tout médecin ou personne pratiquant un avortement. L'interruption de grossesse n'est permise qu'en cas de viol sur mineure et lorsque la vie de la mère est en danger.

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