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04/02/2014 12:45 EST | Actualisé 06/04/2014 05:12 EDT

Ukraine: le temps commence à presser, prévient l'opposition

KIEV, Ukraine - Les esprits commencent à s'échauffer et le président doit intervenir pour mettre fin à la crise qui secoue le pays depuis plusieurs semaines, ont prévenu mardi des leaders de l'opposition ukrainienne.

L'ancien champion de boxe Vitali Klitschko, qui compte parmi les principaux opposants d'Ukraine, a rencontré mardi le président Viktor Ianoukovitch, au moment où le parlement se réunissait sans pour autant agir.

M. Ianoukovitch se trouve dans une position difficile après plus de deux mois de manifestations parfois violentes. Il n'a toutefois pas tendu la main à l'opposition depuis la semaine dernière, quand il avait incité le parlement à adopter une mesure d'amnistie à l'intention de plusieurs manifestants — à condition que ceux-ci libèrent les édifices dont ils se sont emparés.

Les manifestants avaient rejeté cette condition et continuent à réclamer à la fois le départ du président et la tenue d'élections anticipées.

«La fièvre de la population augmente et j'ai dit au président que nous avons besoin d'une décision immédiate», a dit M. Klitschko au terme de sa rencontre.

Un autre militant de l'opposition bien en vue, Oleh Tiahnibok, a repris le même avertissement.

«Je le dis maintenant: si nous faisons fi de la rue, alors la rue réagira», a-t-il dit.

Des manifestations qui ont éclaté à la fin du mois de novembre ont parfois attiré jusqu'à 100 000 personnes au coeur de Kiev. Les manifestants ont aussi érigé un imposant campement en plein centre de la capitale. Le mouvement de contestation a viré à la violence en janvier, quand manifestants et policiers se sont affrontés pendant quatre jours. Les manifestants ont lancé des pierres et des bombes incendiaires aux policiers, en plus d'incendier leurs véhicules.

Les affrontements se sont calmés après la mort de trois manifestants, dont deux qui ont été abattus. Les manifestants refusent toutefois de céder un centimètre de terrain et le potentiel de violence demeure élevé.

Les manifestants dénonçaient tout d'abord la décision du président Ianoukovitch de renoncer à une vaste entente politique et commerciale avec l'Union européenne au profit d'un accord avec la Russie. Ils réclament maintenant davantage de droits et moins de corruption dans leur pays de 45 millions d'habitants.

En l'absence de toute nouvelle stratégie pour apaiser les tensions, on ne sait pas si les autorités espèrent maintenant que les manifestations s'essoufleront d'elles-mêmes.