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04/02/2014 07:28 EST | Actualisé 06/04/2014 05:12 EDT

Recyclage : les prix baissent, des centres de tri ferment

La baisse du prix des matières recyclables force la réorganisation de cette industrie. Les gros joueurs consolident leur position alors que les plus petits se retrouvent en difficultés financières. C'est le cas des deux seuls centres de tri de l'Abitibi-Témiscamingue qui ont dû récemment fermer leurs portes.

Le centre de tri de Rouyn-Noranda a cessé ses opérations le 21 novembre dernier. Le lendemain, c'était au tour de celui du Témiscamingue de mettre la clé sous la porte. Conséquence : les déchets recyclables des résidents de la région sont maintenant traités à Gatineau, en Outaouais.

« On perdait de l'argent tous les mois. Il fallait réagir », explique Claude Poulin, vice-président de Services Sani-Tri de Rouyn-Noranda.

Malgré des coûts de transport plus important, c'est avantageux d'envoyer les matières recyclables en Outaouais. « Ça coûte un peu plus cher en transport, mais au bout du compte, on est quand même gagnants parce que le coût de traitement est beaucoup moins dispendieux », explique Katy Pellerin, directrice du Centre de valorisation des matières résiduelles de la MRC du Témiscamingue.

Tricentris, de Gatineau, a pris le relais des deux centres de tri de l'Abitibi-Témiscamingue. Cette entreprise traitait déjà les matières recyclables de 134 municipalités des Laurentides, de Lanaudière, de l'Outaouais et de la Montérégie.

Pour rentabiliser un centre de tri, il faut entre 20 000 et 25 000 tonnes de matériaux par année, selon Tricentris. « L'industrie du tri, c'est une industrie de volume. Peu importe où vous êtes où sur la planète. Plus on traite de volume, plus on est capable d'amortir nos frais fixes », explique le directeur général de Tricentris, Frédéric Potvin.

À ceux qui seraient tentés de dire que le transport des matières recyclables vers une autre région n'est pas écologique, il faut savoir que les matières recyclables partent vers des marchés extérieurs de toute manière.

Même à l'échelle du pays, une bonne part de ces matières se retrouveront à l'étranger. « Entre 25 et 50 % [des matières recyclables] sont exportées, principalement en Chine », explique Mario Laquerre de Recyc-Québec.

Peu importe où sont traités les déchets, ce qui compte pour Recyc-Québec, c'est que les résidents de l'Abitibi-Témiscamingue continuent de recycler afin d'éviter ainsi que ces matières se retrouvent aux poubelles.

Avec les informations de Claude Bouchard