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04/02/2014 10:57 EST | Actualisé 06/04/2014 05:12 EDT

Pakistan: 8 morts et 26 blessés dans un attentat suicide à Peshawar

George Doyle via Getty Images

Un attentat suicide dans un quartier de la minorité musulmane chiite a fait au moins huit morts et une quarantaine de blessés mardi soir à Peshawar, grande ville du nord-ouest du Pakistan à la lisière de l'Afghanistan, ont indiqué les autorités.

Cet attentat intervient alors que les talibans du TTP, un regroupement de factions islamistes armées, et le gouvernement central d'Islamabad tentent de ranimer le processus de paix qui avait capoté en novembre dernier après le meurtre du chef des insurgés, Hakimullah Mehsud, par un drone américain.

"L'attentat s'est produit dans un quartier à majorité chiite du bazar de Kissa Khwani", a déclaré à l'AFP un haut responsable de la police locale, Faisal Mukhtar.

Des sources hospitalières ont fait état d'au moins huit morts et de 42 blessés, révisant à la hausse un premier bilan faisant état de 26 blessés. Les démineurs de la police ont quant à eux assuré que l'attaque avait été perpétrée par un kamikaze.

Plus tôt dans la journée, un haut responsable de la communauté chiite, Haji Sardar Ali, avait été assassiné d'une balle dans la tête alors qu'il se rendait dans sa boutique du même quartier de Peshawar, selon les autorités.

M. Ali était le responsable à Peshawar du Tehreek-e-Nafaz-e-Fiqah-e-Jafaria (TNFJ), un parti chiite, minorité constituant environ 20% de la population de ce pays de 180 millions d'habitants et qui est dans le collimateur de groupes sunnites armés.

Les talibans pakistanais ont nié mardi soir toute implication dans ce nouvel attentat, a déclaré leur porte-parole, Shahidullah Shahid. "Nous n'avons joué aucun rôle dans cette attaque, elle n'a pas été perpétrée par les talibans pakistanais", a-t-il dit à l'AFP.

Le Premier ministre Nawaz Sharif avait annoncé la semaine dernière son intention de donner "une autre chance" aux pourparlers de paix avec les insurgés. Et le gouvernement et les talibans ont rapidement annoncé au cours des derniers jours la composition de leurs équipes de négociateurs.

Mais la première rencontre entre les deux parties, prévue mardi à Islamabad, n'a pas eu lieu, la délégation gouvernementale estimant avoir encore des interrogations sur la composition et le pouvoir des trois médiateurs des talibans.

"Cela montre à quel point le gouvernement est sérieux à propos de ces pourparlers. Ils font de ces pourparlers une vraie farce et se moquent de tout le pays", a réagi dans un entretien à l'AFP le chef de l'équipe de négociateurs des talibans, le mollah Sami ul-Haq.