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04/02/2014 03:19 EST | Actualisé 06/04/2014 05:12 EDT

Nigeria: la date butoir pour en finir avec Boko Haram "prise trop littéralement" (armée)

La date butoir fixée par le chef d'état-major de l'armée nigériane pour en finir avec l'insurrection du groupe islamiste Boko Haram, le mois d'avril, a été "prise trop littéralement", a déclaré mardi le porte-parole de l'armée nigériane.

Le maréchal de l'armée de l'Air Alex Badeh, nommé en janvier à la tête des armées, avait affirmé le 20 janvier que "la situation sécuritaire dans le Nord-Est (où Boko Haram est actif, ndlr) doit être complètement réglée d'ici à avril 2014".

Depuis cette déclaration, l'Etat d'Adamawa (nord-est), d'où est issu M. Badeh, a été le théâtre d'attaques imputées à Boko Haram, dont une contre une église qui a fait 26 morts le 26 janvier.

Une attaque le même jour contre un marché dans l'Etat voisin de Borno a fait 52 morts. Et le week-en dernier, un dignitaire religieux musulman critique à l'égard du groupe islamiste a été abattu dans la ville de Zaria (nord).

Le porte-parole de l'armée, le général Chris Olukolade, a clarifé mardi la position de l'armée dans un communiqué.

Sans démentir les propos de M. Badeh, il reconnaît qu'ils ont suscité débat, "interprétation et réaction, en particulier de la part des médias". Mais, souligne-t-il, ses déclarations "visaient à motiver les commandants et les troupes pour qu'ils travaillent plus dur pour rétablir la normalité telle qu'elle est envisagée dans les Etats soumis à l'état d'urgence".

"Malheureusement" ses déclarations "ont été prises trop littéralement, comme étant une promesse précise de mettre fin au terrorisme d'ici à avril", a ajouté le général Olukolade.

En lançant son offensive contre Boko Haram, le gouvernement du Nigeria a décrété en mai 2013 l'état d'urgence dans Borno (nord-est) et les Etats voisins de Yobe et d'Adamawa, afin de réduire la violence armée qui a fait des milliers de victimes civiles, de la part de Boko Haram mais aussi de l'armée depuis 2009.

En faisant référence à avril, le maréchal Badeh était "simplement optimiste" à propos de la détermination de ses collègues à traiter le problème, a ajouté le général Olukolade.

C'était aussi un appel à rétablir l'ordre dans le pays pour éviter d'avoir à prolonger encore l'état d'urgence, a-t-il expliqué.

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