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04/02/2014 08:30 EST | Actualisé 06/04/2014 05:12 EDT

Le pouvoir ukrainien ouvert à des élections anticipées

Le président ukrainien Viktor Ianoukovitch et son gouvernement se disent prêts à considérer la tenue d'élections législatives et présidentielles anticipées afin de sortir le pays de la crise dans laquelle il est plongé depuis plus de deux mois.

Selon le représentant du président au Parlement, Iouri Mirochnitchenko, l'idée a été évoquée la semaine dernière lors d'une rencontre entre le chef du parti au pouvoir et ses députés.

Toutefois, le pouvoir ukrainien préconise toujours une sortie de crise basée sur l'amnistie des manifestants en échange de leur évacuation des bâtiments publics qu'ils occupent. Une loi votée en ce sens est contestée par l'opposition, qui considère qu'elle revient à traiter les personnes arrêtées comme des otages, puisque l'évacuation des édifices est préalable à l'amnistie.

De son côté, le ministre allemand des Affaires étrangères, Frank-Walter Steinmeier, a évoqué la possibilité de sanctionner le pourvoir en place à Kiev. « Je pense que nous devons désormais brandir la menace de sanctions » afin d'accélérer l'application d'une solution politique, a déclaré Steinmeier à une chaîne de télévision. L'Allemagne doit, selon lui, être prête à agir si la situation ne s'améliore pas.

Aide occidentale

Ces déclarations survenaient à quelques heures de l'arrivée de la chef de la diplomatie européenne, Catherine Ashton, dans la capitale Kiev. Elle y discutera avec le pouvoir et l'opposition de l'aide financière que l'Union européenne (UE) et les États-Unis pourraient fournir à l'Ukraine.

Selon des diplomates occidentaux, l'aide offerte par l'UE et les États-Unis n'égalera pas celle proposée par la Russie et qui est de 15 millions de dollars - dont 3 millions ont déjà été versés - assortie d'une baisse du prix du gaz russe vendue à l'Ukraine.

Autant Russes qu'occidentaux posent des conditions à leur aide. Les premiers ont laissé entendre que la suite de leur aide dépendra du gouvernement qui remplacera celui du premier ministre démissionnaire Mykola Azarov. Les seconds attendront « après la formation d'un gouvernement technique et quand le pays reprendra la voie de la reprise économique via le FMI » en respectant ses conditions, a expliqué le porte-parole du département d'État américain, Jennifer Psaki.

Les manifestants sont dans les rues depuis novembre, au moment où le gouvernement s'est rapproché de la Russie et a abandonné un accord d'association avec l'UE. Cette opposition, au départ centrée autour de l'abandon de cet accord, a finalement grandi jusqu'à contester le régime en place.