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04/02/2014 12:42 EST | Actualisé 06/04/2014 05:12 EDT

Le couple Duhamel-Radford a finalement sa chance aux Jeux olympiques

Il y a quatre ans, Meagan Duhamel était physiquement et psychologiquement anéantie. Elle avait soigneusement planifié sa vie en fonction des Jeux olympiques de 2010, mais son parcours a été abruptement interrompu avant même qu'elle ne puisse se rendre à Vancouver.

La patineuse artistique en couple avait songé à son éventuelle retraite, mais elle devait survenir après les Jeux de Vancouver, pas avant.

«En 2010, j'ai littéralement senti que mon univers s'écroulait, a confié Duhamel. Dans ma tête, j'avais un plan, jusqu'en 2010. Et cela s'arrêtait là. Je me suis sentie très confuse. Comme je n'allais pas aux JO, je ne savais pas ce que je ferais de ma vie.»

La jeune femme de 28 ans, de Lively, en Ontario, aux prises avec des blessures aux Championnats canadiens de 2010, dont un problème de nerfs dans une jambe qui engourdissait son pied, a terminé troisième avec son ancien partenaire Craig Buntin. Une troisième place n'était pas suffisante pour avoir sa place aux JO. Une troisième place qui a tout bouleversé pour l'athlète canadienne.

«Les essais des JO ont été terribles. Pendant quelques jours, je me suis dit 'je vais simplement retourner aux études, je vais retourner chez moi, je vais désormais avoir une vraie vie'. C'est ce que je croyais devoir faire, a-t-elle relaté.

«Quelques jours plus tard, je savais déjà que ce n'était pas ce que je souhaitais», a-t-elle ajouté.

Buntin s'est retiré et Duhamel, après avoir passé quelques semaines à soigner son corps mal en point et son coeur brisé, s'est affairée à trouver un nouveau partenaire.

Elle l'a trouvé en la personne d'Eric Radford, un patineur qu'elle avait connu plus jeune et qui, comme elle, avait des rêves encore non réalisés.

Désormais, non seulement le duo s'apprête à vivre les JO de Sotchi, mais il y arrive trois fois champions canadiens et médaillés de bronze aux Championnats du monde.

«Je disais à mes parents que cette expérience des prochaines semaines pourrait s'avérer la plus excitante de ma vie, a-t-elle indiqué. Nous nous entraînons pour les Olympiques, nous sommes sur les affiches, dans les publicités, c'est à ce moment que toute la frénésie commence, et nous sommes en plein coeur actuellement. C'est comme d'incroyables montagnes russes et de vivre cette expérience est un rêve qui se réalise.»

Radford, 29 ans, a grandi dans la petite municipalité de Balmertown, à 28 heures de route de Toronto et le point le plus au nord que l'on peut joindre par la route en Ontario.

Radford et Duhamel ont beaucoup voyagé. Radford a quitté Balmertown pour Kenora, en Ontario, à l'âge de 14 ans, et avait vécu à Winnipeg, Montréal et Toronto à l'âge de 16 ans. Les deux patineurs ont finalement élu domicile à Montréal.

Radford est tombé en amour avec le patinage artistique en regardant Nancy Kerrigan aux Jeux d'Albertville, et il tournait et sautait sur le plancher du salon. Il a commencé parallèlement à pratiquer le piano à ses débuts sur la glace, et ses deux passions seront liées à Sotchi dans un hommage émouvant à son regretté entraîneur Paul Wirtz.

Radford, qui a étudié au Royal Conservatory de Toronto, a composé la musique pour le programme court du duo. Le patineur canadien croit qu'il s'agit d'une première aux Jeux olympiques.

Pour s'assurer que Duhamel se sente aussi concernée par ce programme court, la composition écrite en 2006 — année où son entraîneur a été emporté par le cancer — a été élargie en un hommage à tous les entraîneurs, parents, amis et anciens partenaires qui ont fait partie de leur aventure sur la glace.

«C'est un grand risque de patiner sur ta propre musique. Nous nous mettons déjà en danger en tant que patineurs et athlètes dans un sport soumis à la subjectivité, où beaucoup est affaire d'opinions. Et là je me mets aussi en danger en tant qu'artiste, et je livre mon âme avec cette pièce de musique», a fait valoir Radford.