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04/02/2014 09:43 EST | Actualisé 06/04/2014 05:12 EDT

John Elway sait que la douleur d'être passé si près ne s'estompera jamais

ENGLEWOOD, États-Unis - En trois occasions au fil de la glorieuse carrière qui l'a propulsé au Temple de la renommée du football, John Elway a dû se remettre d'une débandade survenue au Super Bowl. Quarante-huit heures après la dévastatrice raclée de 43-8 des Broncos de Denver aux mains des Seahawks de Seattle, le grand patron des Broncos s'est fait demander combien de temps il lui avait fallu pour oublier de telles dégelées.

«Je ne m'en suis toujours pas remis, a-t-il confié. J'ajoute celle-ci à la liste.»

Elway est conscient du fait que les partisans des Broncos aient de la difficulté à comprendre comment l'équipe la plus productive dans l'histoire de la NFL a pu se désintégrer de la sorte, et comment le quart Peyton Manning, lauréat de son cinquième titre de joueur le plus utile 24 heures plut tôt, a été limité à une seule passe de touché.

«Ce fut une année remarquable, a analysé Elway. Nous sommes arrivés à court (de l'objectif), mais ce n'est pas à cause d'un manque d'effort ou de volonté. Nous n'avons pas très bien joué, il y a deux jours (dimanche). Je sais que tout le monde en est très désappointé. Nous en sommes déçus, les joueurs en sont déçus. Mais ce fut une année extraordinaire. Nous sommes passés par toutes sortes de choses, mais je suis fier de l'équipe.»

Une demi-heure plus tard, accompagné par l'entraîneur en chef John Fox et alors que s'achevait la conférence de presse servant à dresser un bilan de 2013, Elway a demandé d'ajouter un commentaire parce qu'il ressentait le besoin de rappeler à tous et chacun que la saison n'avait pas été un échec.

«En ce moment, toute l'attention se porte sur ce qui vient de se passer, au lieu de la façon dont nous sommes arrivés là et ce que nous avons réalisé cette année, ce que nous avons traversé en tant qu'équipe. Mais je me dis que plus vous mettrez ça de côté et moins vous vous concentrerez sur ce seul match, plus vous regarderez la saison dans son ensemble et analyserez le rendement de l'équipe et de l'organisation, a noté Elway. Et je vous dirai que je suis très fier de cela.»

Il est certain que des changements devront être apportés, mais pas en profondeur.

Après la décevante défaite des Broncos face aux Ravens de Baltimore lors des séries éliminatoires l'année dernière, Elway a créé ce que Manning a qualifié «d'ambiance inconfortable» autour de Dove Valley, pour rappeler l'ampleur de la cicatrice laissée par ce revers.

Cet échec a aidé à propulser les Broncos vers une saison de 15 victoires en 19 rencontres, saison qui s'est toutefois soldée par une défaite lors du match ultime, dimanche.

Maintenant, Elway promet de franchir l'entre-saison avec l'idée que ce revers va pousser les Broncos vers le match de championnat dans le désert de l'Arizona, l'an prochain. Et que l'équipe, cette fois-là, sera mieux préparée lorsque viendra le temps de monter sur la grande scène.

«L'objectif n'a pas changé et ne changera pas, a tenu à rappeler le vice-président exécutif des Broncos. Nous allons nous rappeler de ce match comme une expérience que nous avons vécue, et de la déception de ne pas avoir mieux joué. Mais en bout de ligne, ce que cette organisation et (le propriétaire) Pat Bowlen veulent n'a pas changé et ne changera pas. Nous allons travailler avec autant d'ardeur, sinon plus, et continuer avec l'objectif de vouloir devenir champions. Et nous allons faire tout en notre pouvoir pour y arriver.»

Une heure plus tôt, les joueurs sont passés par le vestiaire pour recueillir leurs effets personnels et dire au revoir, ou adieu, à leurs coéquipiers.

«C'est difficile de parler du match et de l'avenir, a reconnu l'ailier espacé Eric Decker, qui deviendra joueur autonome. C'est certain que nous sommes déçus du résultat. On ne peut rien y changer, et il faut en soutirer une leçon. C'est aussi difficile à accepter aujourd'hui, sinon plus difficile encore, qu'il y a deux jours.»

À l'instar d'Elway, Decker n'est pas certain de pouvoir oublier cette défaite.

«Je ne sais pas où se trouve cette étape sur ma route, a-t-il confié. Nous étions dans une situation semblable l'an dernier, nous pensions avoir les ingrédients pour remporter un championnat. Ça reste imprégné et ça vous motive, ça ne disparaît jamais. Vous apprenez à en soutirer de l'énergie, à vivre avec et à avancer.»

De son côté, l'entraîneur John Fox a dit à ses joueurs de quitter l'édifice la tête haute.

«Je sais qu'il y a de la déception, a admis Fox. Ça va tous nous prendre du temps à oublier, mais en bout de ligne, ce fut une saison réussie: 15-4, ce n'est pas banal.»