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04/02/2014 03:40 EST | Actualisé 06/04/2014 05:12 EDT

Génocide rwandais: un procès historique s'est ouvert à Paris

PARIS - Le procès d'un chef du service du renseignement rwandais, le premier à se dérouler en France en lien avec le génocide de 1994, s'est ouvert à la cour d'assises de Paris, mardi.

Accusé de complicité de génocide et complicité de crimes contre l'humanité, le procès de Pascal Simbikangwa, 54 ans, ne risque pas de révéler de nouveaux éléments concernant le terrible massacre de centaines de milliers de Tutsi et de Hutu modérés. Le Tribunal pénal international pour le Rwanda et d'autres instances ont déjà tenu de nombreux procès, envoyant des dizaines de responsables en prison.

Mais l'affaire Simbikangwa constitue une avancée notable pour les groupes de militants et autres détracteurs qui se sont efforcés pendant des années de forcer les autorités françaises à juger les instigateurs du génocide qui avaient trouvé refuge au pays dans les années suivant la tragédie.

Plus d'une vingtaine de dossiers liés au génocide rwandais font d'ailleurs toujours l'objet d'une enquête en France.

Pascal Simbikangwa, arrêté en 2008 sur l'île française de Mayotte, dans l'océan Indien, nie les accusations qui sont portées contre lui et ses avocats tenteront d'obtenir un verdict de non culpabilité.

Ils se sont inquiétés du fait que le procès, qui s'échelonnera jusqu'au 28 mars, pourrait être inéquitable en raison, entre autres, de leur difficulté à trouver des témoins pour la défense.

Paris avait des liens étroits avec le gouvernement du président hutu Juvénal Habyarimana. Son meurtre, en 1994, a contribué à déclencher le génocide, un véritable bain de sang d'une centaine de jours qui a fait au moins 500 000 victimes.