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04/02/2014 01:10 EST | Actualisé 05/04/2014 05:12 EDT

Génocide rwandais : un premier procès en France

La comparution de Pascal Simbikangwa devant la Cour d'assises de Paris, mardi, marquait le début du premier procès français lié au génocide, près de 20 ans après ces tragiques événements.

Simbikangwa, 54 ans et paraplégique à cause d'un incident qui s'est produit avant le génocide, est jugé pour complicité de génocide et de crimes contre l'humanité. Il aurait incité, organisé et aidé les massacres qui ont eu lieu d'avril à juillet 1994. Il risque la prison à vie.

Bien qu'il admette sa proximité avec le premier cercle du pouvoir hutu, l'accusé nie les accusations. Ses avocats ont d'ailleurs demandé la nullité de la procédure, avec comme arguments l'inégalité des forces et la faiblesse du dossier contre leur client. Cette dernière raison peut expliquer pourquoi la justice l'accuse de complicité plutôt que de génocide.

Procès de deux mois

Les deux premières semaines d'audience seront consacrées à la contextualisation des événements qui ont conduit au massacre par des milices endoctrinées de centaines de milliers de Tutsis et de Hutus modérés durant ces 100 jours sanglants. En tout, le procès devrait durer six à huit semaines.

Une trentaine de témoins rwandais seront entendus. Certaines personnes détenues dans la foulée du génocide s'exprimeront par visioconférence. On fera aussi venir des personnes du Rwanda pour relater des événements qui se sont produits dans la région natale de Simbikangwa et dans le quartier de Kigali où il résidait.

Refroidies pendant de nombreuses années, les relations Paris-Kigali se sont améliorées depuis trois ans. Ce procès promet de rapprocher les deux pays, d'autant plus qu'une vingtaine de dossiers sont toujours en phase préliminaire.

« Nous nous sommes toujours demandé pourquoi ça avait pris 20 ans (...). C'est tard, mais c'est bon signe », a déclaré à l'AFP Johnston Busingye, ministre rwandais de la Justice. Pour Laurent Fabius, chef de la diplomatie française, « c'est une bonne chose que ce procès ait lieu ». « Il faut que la justice passe. »