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04/02/2014 12:21 EST | Actualisé 06/04/2014 05:12 EDT

GB : enchères annulées pour 85 oeuvres de Miro après une action judiciaire au Portugal

La maison d'enchères Christie's a annoncé mardi l'annulation de la vente aux enchères controversée à Londres de 85 oeuvres de l'artiste espagnol Joan Miro à la suite de démêlés judiciaires au Portugal.

La vente de la collection - propriété de l'Etat portugais qui souhaitait avec ses enchères contribuer à renflouer ses caisses - "a été annulée à la suite d'un différend dont la justice portugaise a été saisi et dans lequel Christie's n'est pas partie prenante", a indiqué la maison d'enchères dans un communiqué.

"Les incertitudes judiciaires créées par le différend (entre l'Etat et des députés d'opposition au Portugal au sujet de cette vente) signifient que nous ne pouvons pas proposer ces oeuvres à la vente" mardi soir et mercredi à Londres , a ajouté Christie's.

"Nous avons la responsabilité à l'égard de nos clients de leur transmettre, sans problème aucun, les droits de propriété", a encore expliqué la maison.

Plus tôt mardi, le tribunal administratif de Lisbonne avait autorisé la vente chez Christie's. Ce faisant, il rejetait une demande du parquet général portugais recommandant de suspendre la vente. Pareille mesure était réclamée par des députés du Parti socialiste portugais, principale force d'opposition au gouvernement de centre droit.

Christie's estimait la valeur globale des 85 Miro à plus de 30 millions de livres (36,4 millions d'euros), présentant la collection comme l'"une des plus vastes et impressionnantes collections de l'artiste jamais mises aux enchères".

La vente comprenait notamment un des chefs-d'oeuvre de Miro, Femmes et oiseaux, évalué entre 4 et 7 millions de livres (4,8 à 8,4 millions d'euros) par Christie's.

La collection était devenue propriété de l'Etat portugais à la suite de la nationalisation en 2008 de la banque BPN, qui avait subi d'importantes pertes dues à des opérations frauduleuses aggravées par la crise financière internationale.

La décision du gouvernement de vendre les 85 oeuvres de Miro pour renflouer les caisses de l'Etat a mis en émoi les milieux culturels et l'opposition socialiste.

"L'importance de Joan Miro dans l'histoire de l'art est absolument incontestable et il n'existe au Portugal aucune collection de ce peintre ou d'un autre de cette époque ayant une valeur patrimoniale et artistique comparable à celle-ci", avaient fait valoir les députés socialistes.

"Une collection des tableaux de Miro est un ensemble artistique générateur de richesse partout dans le monde et a fortiori dans un pays touristique comme le Portugal", avait estimé l'Association portugaise de Muséologie.

"Ce n'est pas la priorité du Portugal de conserver une collection de cette importance d'un grand peintre espagnol du XXe siècle", avait rétorqué le secrétaire d'Etat à la Culture, Jorge Barreto Xavier.

Le Portugal s'est engagé auprès de ses créanciers internationaux à mettre en oeuvre un programme de rigueur budgétaire stricte, en échange d'un prêt de 78 milliards d'euros accordé en mai 2011.

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