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04/02/2014 04:49 EST | Actualisé 06/04/2014 05:12 EDT

Des menaces de mort contre des dirigeants de gauche en Colombie

Le maire de Bogota, Gustavo Petro, et d'autres dirigeants de gauche colombiens ont reçu mardi des menaces de mort émanant apparemment d'une bande criminelle, ce qui a conduit le président Juan Manuel Santos à ordonner des mesures spéciales pour leur protection.

Les menaces ont été envoyées dans un courrier électronique reçu par le collectif d'avocats Jose Alvear Restrepo, spécialisé dans les droits de l'homme. Selon ce collectif, une autre association, le Mouvement pour les victimes des crimes d'Etat, en a été destinataire.

Plusieurs personnalités politiques de gauche figurent parmi les personnes menacées, dont M. Petro, la candidate à l'élection présidentielle Aida Abella, ainsi que des candidats aux législatives tel que l'actuel député Ivan Cepeda Castro, du parti Pôle Démocratique.

"Je viens de recevoir une menace de mort", a indiqué sur Twitter le maire de Bogota, ex guérillero reconverti dans la politique, en publiant le courrier en question.

"L'heure est venue, sales fils de pute, cochons de communistes, ceci est l'unique avertissement pour que vous quittiez la politique et sauviez vos misérables vies", indique le message, signé par la bande des "Aigles noirs", une organisation criminelle composée en partie d'anciens paramilitaires et liée au trafic de drogue.

Les milices paramilitaires, nées dans les années 80 pour combattre les guérillas communistes dans ce pays en proie à un conflit armé d'un demi-siècle, ont été officiellement dissoutes en 2006.

A la suite de ces menaces, le président Santos, dont le gouvernement a ouvert des négociations de paix avec la guérilla marxiste des Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc), la principale rébellion du pays, a réclamé une enquête et demandé des mesures de protection pour les personnes visées.

Interrogé par l'AFP, M. Cepeda a estimé que ces menaces faisaient partie d'une "campagne qui cherche à déstabiliser le pays et semer le désordre pour saboter le processus de paix".

Alors que les élections législatives doivent se dérouler en mars et les deux tours de la présidentielle en mai et juin prochains, des personnalités de gauche ont déjà dénoncé des conditions d'insécurité pour les candidats.

Dans les années 80 et 90, une vague de violence avait été lancée par les paramilitaires à l'encontre des membres de l'Union patriotique (UP), une formation proche des Farc. Entre 3.000 et 5.000 sympathisants ou élus, dont le père de M. Cepeda, avaient été assassinés. Le meurtre du candidat présidentiel de l'UP avait même causé en 1987 la suspension de négociations avec la guérilla.

an/pz/plh