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04/02/2014 10:48 EST | Actualisé 06/04/2014 05:12 EDT

Côte d'Ivoire: une année supplémentaire pour la Commission en charge de la réconciliation

Le président ivoirien Alassane Ouattara a prolongé d'un an le mandat de la Commission nationale en charge de la réconciliation en Côte d'Ivoire, mise en place après les violences postélectorales, a appris l'AFP mardi de source officielle.

La Commission dialogue, vérité et réconciliation (CDVR), dont le mandat avait expiré le 28 septembre 2013, se voit accorder "un nouveau délai de 12 mois" à compter de cette date pour "accomplir ses missions", selon les termes d'une ordonnance présidentielle signée lundi, dont copie est parvenue mardi à l'AFP.

La CDVR, créée en 2011 et dirigée par l'ancien Premier ministre ivoirien Charles Konan Banny, doit notamment "rechercher la vérité", "situer les responsabilités" ou encore "entendre les victimes, les auteurs et les témoins au cours d'une séance publique", d'après ce texte.

Prenant exemple sur la justice transitionnelle mise en place en Afrique du sud à la chute de l'apartheid, elle a pour mission de réconcilier les Ivoiriens après une décennie de crise politico-militaire, ponctuée d'une sanglante crise postélectorale ayant fait plus de 3.000 morts entre décembre 2010 et avril 2011.

La société civile critique unanimement son absence de résultats.

La CDVR "n'a absolument pas rempli son rôle", notamment en raison de manque de volonté politique et de moyens financiers insuffisants, avait dénoncé en octobre Me Patrick Baudouin, le président de la Fédération internationale des ligues des droits de l'homme (FIDH).

Fin décembre 2013, une enquête dirigée par la CDVR a toutefois révélé que 83% des Ivoiriens pensent la réconciliation "possible". Ils sont également trois quarts à estimer que la justice et l'armée ivoiriennes sont "corrompues" et souhaiter des réformes en "profondeur".

La prorogation de la CDVR intervient après plusieurs gestes récents d'apaisement du gouvernement. Une soixantaine de détenus partisans de l'ex-président Laurent Gbagbo, civils et militaires, ont ainsi été mis en liberté provisoire cette année.

Récemment, le président Ouattara avait évoqué la libération de détenus de la crise postélectorale ayant provoqué la chute de M. Gbagbo, afin de favoriser le "retour d'une paix définitive" en Côte d'Ivoire.

L'ex-président Gbagbo est emprisonné à La Haye depuis deux ans, poursuivi pour crime contre l'humanité par la Cour pénale internationale (CPI).

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