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04/02/2014 10:38 EST | Actualisé 06/04/2014 05:12 EDT

Burundi/Crise politique: un ministre du principal parti tutsi quitte le gouvernement

Un membre supplémentaire du principal parti tutsi burundais, l'Uprona, a quitté le gouvernement mardi, nouvel épisode d'une crise politique entre le pouvoir hutu de Bujumbura et son principal allié politique, a-t-on appris de sources concordantes.

Le ministre du Développement communal, Jean-Claude Ndihokubwayo, a démissionné en réponse à l'appel lancé en ce sens aux membres de l'Uprona présents au gouvernement par le président de la formation politique limogé vendredi par le gouvernement. Deux ministres de l'Uprona encore au gouvernement sont appelés à "démissionner le plus rapidement possible", a précisé à l'AFP le porte-parole de la formation politique, Tatien Sibomana.

L'Union pour le progrès national (Uprona) est la seule formation politique burundaise qui, à part le parti au pouvoir (Cndd-FDD, hutu), n'avait pas boycotté les élections générales du pays en 2010. Les autres partis d'opposition estimaient que les élections, remportées par le président sortant Pierre Nkurunziza, étaient biaisées.

Deuxième force au sein du Parlement, l'Uprona était depuis représentée au gouvernement par un vice-président et trois ministres.

Le parti tutsi était malgré tout de plus en plus critique du pouvoir ces derniers mois sur des sujets sensibles comme la question d'un éventuel troisième mandat du président Nkurunziza, celles de la révision de la Constitution ou encore de la répartition des terres.

Ces deux derniers points sont ultra-sensibles dans les relations entre communautés hutu et tutsi, qui, jusqu'en 2006, se sont affrontées dans une longue guerre civile au Burundi.

La Constitution du petit pays d'Afrique des Grands Lacs garantit un partage du pouvoir entre la majorité hutu (85% de la population) et la minorité tutsi (14%), qui s'articulait jusqu'ici autour du tandem constitué par le Cndd-FDD et l'Uprona. La commission chargée d'arbitrer les litiges fonciers est accusée ces derniers temps de favoriser les Hutu.

Les tensions entre l'Uprona et le reste du gouvernement se sont transformées en crise ouverte en fin de semaine dernière, quand le ministre de l'Intérieur, Edouard Nduwimana, a débarqué le président du principal parti tutsi, Charles Nditije, au profit d'un proche du parti au pouvoir. L'opération a été perçue comme une tentative de noyautage de la formation politique.

Pour avoir désavoué dans le week-end la décision du ministre de l'Intérieur, le premier vice-président burundais, Bernard Busokoza, lui-même tutsi et membre de l'Uprona, a à son tour été limogé.

MM. Nditije et Busokoza ont depuis disparu de la circulation, affirmant s'être mis en lieu sûr par crainte d'être arrêtés.

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