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04/02/2014 07:09 EST | Actualisé 06/04/2014 05:12 EDT

Une enquête indépendante sur la mort d'Alain Magloire?

Radio-Canada

Avec le système actuel, il est impossible de mener une enquête indépendante pour connaître les conséquences d'un itinérant qui a été tué lundi à Montréal, estime le président de la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse, Jacques Frémont.

« Au moment où on se parle, probablement que la preuve est déjà toute distortionnée [sic], et il n'y aura pas d'enquête, c'est extrêmement sérieux », a affirmé M. Frémont en entrevue à l'émission 24/60.

Alain Magloire a été abattu par des policiers du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM), lundi, après avoir manifesté un comportement jugé violent. Comme c'est le cas lorsque quelqu'un est blessé ou tué lors d'une opération policière, l'enquête a été confiée à un autre corps de police.

Dans ce cas-ci, c'est la Sûreté du Québec qui tentera de faire la lumière sur le drame. Néanmoins, Jacques Frémont croit que, dans ces circonstances, « c'est à peu près impossible » d'avoir une enquête « correcte » si elle est « faite par des policiers ».

Bureau des enquêtes indépendantes

Le président de la Commission espère maintenant que la loi québécoise va évoluer rapidement afin que des policiers n'aient plus à enquêter sur d'autres policiers. Il presse le gouvernement du Québec d'accélérer la mise en place du Bureau des enquêtes indépendantes.

Il rappelle que l'Assemblée nationale a adopté, en mai dernier, la loi créant ce Bureau qui serait chargé de faire toute la lumière lorsqu'une personne est gravement blessée ou tuée lors d'une intervention policière. Toutefois, M. Frémont estime que le processus est trop long.

« On peut se demander comment ça se fait que ça prend tant de temps que ça », déplore-t-il.

La Commission souhaite aussi être consultée dans le cadre de la mise en place de ce Bureau, mais selon son président, Québec tarde à répondre à l'appel.

En attendant, Jacques Frémont estime tout de même que les responsables des forces de police sont conscients de la situation.

« La direction de la police est assez sérieuse dans sa volonté de changer la culture, mais tant et aussi longtemps qu'il n'y aura pas de poursuites à la suite d'incidents ou d'accidents, [...] les gens reviennent à leurs réflexes de départ : les policiers, c'est de tirer », affirme-t-il.