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04/02/2014 06:14 EST | Actualisé 06/04/2014 05:12 EDT

Adhésion à l'UE: Erdogan demande un soutien accru de l'Allemagne

Le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan a plaidé mardi à Berlin pour un soutien plus important de l'Allemagne dans le processus d'adhésion de la Turquie à l'Union européenne, assurant que l'Europe y trouverait des avantages.

"Nous attendons de l'Allemagne qu'elle nous soutienne sur le chemin qui mène à l'Union européenne et sur le processus d'adhésion. Nous souhaitons que l'Allemagne s'engage plus fort qu'elle ne l'a fait jusqu'ici", a lancé M. Erdogan lors d'une conférence devant la Société allemande pour la politique étrangère (DGAP), un centre de réflexion berlinois.

Les conservateurs CDU-CSU de la chancelière Angela Merkel sont réticents à l'idée d'une entrée de la Turquie en tant que membre de plein droit.

Lors de leur conférence de presse commune, Mme Merkel a répété qu'elle était, "à titre personnel très sceptique" sur le sujet.

"Mais cela ne doit pas nous gêner à long terme", a-t-elle immédiatement ajouté, rappelant la position officielle du gouvernement allemand, qu'elle a formé avec les sociaux-démocrates du SPD - plus ouverts à un statut de membre à part entière pour Ankara -: "les négociations d'adhésion avec la Turquie sont un processus dont l'issue est ouverte" et qui n'est "pas soumis à une limite dans le temps".

Mme Merkel a très brièvement et indirectement évoqué le scandale économico-politico-judiciaire qui secoue la Turquie depuis plusieurs semaines, sur fond d'accusations de corruption, blanchiment d'argent et fraude contre des hommes d'affaires et des élus proches du parti de M. Erdogan.

Elle a annoncé être convenue avec son homologue turc de mettre en place "des échanges entre les ministres de la Justice" des deux pays, qui porteront "sur les questions de l'attribution des postes de procureurs ou de juges, de l'indépendance de la Justice".

De son côté, devant la DGAP, M. Erdogan a admis, devant la DGAP, que "évidemment, la Turquie a le devoir, dans le cadre du processus d'adhésion, de poursuivre ses réformes de façon continue".

Il a rappelé le rôle particulier de l'Allemagne vis-à-vis de la Turquie, lié à la forte population d'origine turque qui y vit.

"Avec la deuxième génération, la troisième génération, la quatrième génération, les citoyens d'origine turque sont devenus une composante importante de la société allemande. Et c'est une chance que nous devons saisir", a argumenté le Premier ministre.

"Rien que la population d'origine turque qui vit en Allemagne est plus nombreuse que la population de certains pays membres de l'UE", a-t-il également souligné.

L'Allemagne compte la plus grosse communauté d'origine turque hors de Turquie, avec quelque trois millions de personnes.

M. Erdogan a mis en avant le rôle que la Turquie pourrait jouer dans la prévention ou la résolution de certains conflits régionaux.

"Une entrée de la Turquie dans l'UE apporterait une contribution considérable à la paix régionale et mondiale", a-t-il avancé.

"Les relations historiques et culturelles de la Turquie en Afrique du nord, par exemple, sont une chance pour le processus de paix" au Proche-Orient, a-t-il plaidé.

De même, Ankara pourrait jouer un rôle dans les Balkans ou auprès des pays musulmans d'Afrique de l'ouest, a-t-il détaillé.

En début de soirée, le Premier ministre participera à un meeting à Berlin auquel au moins 5.000 personnes sont attendues.

Il y fera campagne pour les municipales et les présidentielles turques de fin mars et les présidentielles de l'été, pour lesquelles les Turcs vivant à l'étranger pourront pour la première fois voter.

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