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03/02/2014 08:50 EST | Actualisé 05/04/2014 05:12 EDT

Ukraine: l'opposition veut modifier la Constitution pour affaiblir la présidence

KIEV, Ukraine - Les leaders des manifestations antigouvernementales qui secouent la capitale de l'Ukraine depuis plus de deux mois ont maintenant l'intention de réclamer des changements constitutionnels afin d'affaiblir la présidence.

Ces changements devraient être discutés lors d'une rencontre parlementaire mardi, alors que la crise ukrainienne semble s'enliser.

Les manifestants refusent d'évacuer leur campement au coeur de Kiev ou encore les édifices dont ils ont pris le contrôle, tandis que les manifestants plus radicaux qui ont affronté la police la semaine dernière observent une trêve fragile.

Le leader de l'opposition Arseni Iatseniouk a déclaré lundi que les changements constitutionnels souhaités «annuleront les pouvoirs dictatoriaux de la présidence pour remettre la direction du pays entre les mains du peuple».

La ministre de la Justice, Olena Loukash, a prévenu la semaine dernière que le régime se préparait à des changements constitutionnels, sans fournir plus de détails.

Un autre dirigeant des manifestants, Oleh Tiahnibok, a indiqué lundi que l'opposition réclamera aussi, au parlement, une amnistie générale pour la centaine de personnes arrêtées au cours des manifestations. Le parlement a offert, la semaine dernière, une amnistie à certains manifestants à condition que les édifice occupés soient libérés. L'opposition a immédiatement rejeté cette condition et accusé le gouvernement de retenir ceux arrêtés en otage.

Les manifestants demandent aussi la démission du président Viktor Ianoukovitch et l'organisation d'élections anticipées.

M. Ianoukovitch a repris le travail lundi après un bref congé de maladie et ne donne aucun signe de vouloir céder aux exigences de l'opposition. Sa décision de renoncer à une entente avec l'Union européenne au profit d'un accord avec la Russie a mis le feu aux poudres en novembre dernier.

La chef de la diplomatie européenne, Catherine Ashton, est attendue en Ukraine cette semaine. Sa porte-parole, Maja Kocijancic, a déclaré lundi que l'UE étudie de nouvelles mesures financières pour appuyer l'économie ukrainienne, mais que la crise politique devra tout d'abord être résolue.

Le président de la Commission européenne, Jose Manuel Barroso, a lui aussi dit que l'UE cherche de nouvelles façons d'appuyer l'économie ukrainienne, tout en précisant que le bloc de 28 pays n'entend pas rivaliser avec la Russie.

«Nous ne nous engagerons pas dans une guerre d'enchères pour savoir qui paiera le plus pour obtenir la signature de l'Ukraine parce que nous croyons que c'est le chemin privilégié par plusieurs Ukrainiens, a-t-il dit. Ils veulent se rapprocher de l'Union européenne et nous sommes certainement prêts à appuyer ça.»

La secrétaire d'État adjointe des États-Unis, Victoria Nuland, doit aussi visiter l'Ukraine cette semaine pour inciter à une résolution du conflit.