NOUVELLES
03/02/2014 11:42 EST | Actualisé 05/04/2014 05:12 EDT

Ukraine: de nombreux journalistes agressés pendant la contestation (ONG)

De nombreux journalistes ont été agressés en Ukraine depuis le début de la contestation il y a plus de deux mois, dont 54 battus par les forces de l'ordre, a indiqué lundi une ONG ukrainienne qui recense ces cas.

Le plus grand nombre d'entre eux -54- ont été passés à tabac par les policiers anti-émeutes et 21 agressés par les "titouchki"- ces jeunes sportifs provinciaux soupçonnés être recrutés par les autorités pour semer la terreur, selon l'Institut de mass-médias (IMI).

Vingt-sept journalistes ont été blessés par des grenades assourdissantes et 19 intoxiqués au gaz lacrymogène ou blessés par des pavés lors des heurts entre manifestants et policiers. Dix-sept ont été blessés ou visés par des balles de caoutchouc, ajoute l'ONG qui souligne que certains journalistes ont été victimes de plusieurs types de violences.

Trente-et-une personnes ont vu leur matériel cassé et onze ont été interpellées, selon la même source.

Selon plusieurs témoignages de journalistes et ONG, nombre de ces attaques ont été délibérées bien que les journalistes couvrant les affrontements portassent des casques ou vestes avec l'inscription "Presse" ou fussent munis de caméras.

L'ONG Human Rights Watch a déclaré fin vendredi avoir répertorié 13 cas où la police avait "délibérément" frappé ou visé avec des tirs de balles de caoutchouc des journalistes couvrant la contestation ou des médecins aidant les blessés.

Kiev est le théâtre depuis le 21 novembre d'une contestation sans précédent après la volte-face du pouvoir au profit de la Russie au détriment d'un rapprochement avec l'Union européenne qui a dégénéré fin janvier en scènes de guérilla urbaine entre les manifestants radicaux et les policiers anti-émeutes.

La liberté de la presse en Ukraine a été longuement considérée comme l'un des principaux résultats de la Révolution orange pro-occidentale en 2004.

Depuis l'élection du président Viktor Ianoukovitch en 2010, la situation en matière de liberté de la presse n'a cessé de se détériorer.

neo/via/mr