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03/02/2014 01:55 EST | Actualisé 04/04/2014 05:12 EDT

Thaïlande: les manifestants à nouveau dans la rue au lendemain des législatives

Les manifestants sont redescendus lundi dans les rues de Bangkok, au lendemain de législatives qu'ils ont fortement perturbées, promettant de trouver un moyen de faire tomber le gouvernement.

Des centaines de manifestants ont emboîté le pas de leur meneur Suthep Thaugsuban, pour montrer que le scrutin ne changeait rien à leur détermination de chasser la Première ministre Yingluck Shinawatra.

Il s'agissait aussi de récolter des fonds pour le mouvement auprès des passants, comme Suthep le fait régulièrement ces dernières semaines, saisissant les billets tendus, même si, selon les analystes, il bénéficie de soutiens financiers de poids.

Lundi matin, aucun résultat, même partiel, n'avait été publié par la Commission électorale, confrontée à une perturbation sans précédent du scrutin par les manifestants, qui ont empêché l'acheminement de bulletins et d'urnes et forcé la fermeture de 10.000 bureaux de vote (soit 10% de l'ensemble) dimanche.

Aucun chiffre officiel sur la participation n'était non plus disponible.

"Il est clair que cette élection doit être invalidée", a plaidé lundi Akanat Promphan, le porte-parole des manifestants au départ du défilé.

"La Constitution dit que l'élection doit se tenir sur une seule journée. Cela a été impossible", bulletins de vote et enregistrement des candidatures ayant été bloqués dans de nombreuses circonscriptions, s'est-il réjoui.

Le parti au pouvoir, le Puea Thai, grand favori du scrutin, a quant à lui insisté sur le fait que le vote a pu être organisé sans encombre dans une grande partie du pays, après trois mois d'une crise politique qui a déjà fait au moins dix morts.

La plus grande incertitude planait néanmoins lundi sur la suite des évènements, notamment sur l'organisation d'un nouveau vote pour les électeurs privés de scrutin dimanche.

Les résultats pourraient prendre des semaines, voire des mois, avant d'être publiés. Dans tous les cas, le Parlement ne peut pas se réunir faute d'un quorum de 95% des 500 députés, le vote n'ayant pu se tenir dans de nombreuses circonscriptions.

L'opposition, alliance d'ultra-royalistes et d'électeurs lassés du "clan Shinawatra", est unie par sa haine de Thaksin Shinawatra. L'ancien Premier ministre a été renversé par un coup d'Etat en 2006, mais continue à gouverner via sa soeur Yingluck selon eux.

Ils réclament le remplacement de son gouvernement par un "conseil du peuple" non élu, repoussant les élections à plus d'un an.

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