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03/02/2014 08:54 EST | Actualisé 05/04/2014 05:12 EDT

Thaïlande : des manifestants défilent, d'autres démontent leurs camps  

Les contestataires thaïlandais qui campent depuis la mi-janvier dans le nord de Bangkok ont démonté deux de leurs camps lundi avant de défiler à nouveau pour réclamer la démission de la première ministre Yingluck Shinawatra, au lendemain de législatives très perturbées.

Certains ont marché derrière leur chef de file Suthep Thaugsuban, tandis que d'autres suivaient en voiture. Un groupe de manifestants a par ailleurs encerclé un bâtiment administratif du nord de la capitale où Yingluck présidait une réunion.

Deux des sept camps de tentes dressés sur de grands carrefours ont donc été démontés et leurs occupants ont pris la direction du parc Lumpini, dans le centre de Bangkok. Un troisième, situé sur un vaste complexe administratif, pourrait également être démantelé.

Suthep Thaugsuban a invoqué des mesures de sécurité, mais la désaffection pourrait également expliquer l'initiative. Selon un correspondant de Reuters, le défilé de lundi a réuni 3000 manifestants.

« Le mouvement de Suthep s'essouffle, mais il a encore des partisans influents qu'on n'a pas encore vu », a estimé l'historien et universitaire Chris Baker.

« Des négociations en coulisse sont nécessaires parce que les deux camps vont vouloir éviter une confrontation en public. Le milieu des affaires devrait reprendre ses initiatives pour jouer le rôle d'intermédiaire », a-t-il ajouté.

Scrutin impossible dans neuf provinces

Les élections législatives de dimanche, organisées sous haute sécurité, se sont globalement déroulées dans le calme, mais les opérations de vote ont été perturbées dans près d'un cinquième des circonscriptions. Des affrontements entre partisans et adversaires de Yingluck Shinawatra avaient fait sept blessés samedi.

Yingluck Shinawatra a dissous le Parlement et convoqué ce scrutin anticipé pour tenter de désamorcer la crise politique, mais l'opposition l'a boycotté.

Selon la commission électorale, la participation a atteint 46 % dans 68 des 77 provinces. Dans les neuf autres, les opérations de vote n'ont pas été possibles.

La première ministre sortante a toutes les chances d'être reconduite, mais la commission s'attend à de nombreux recours.

Depuis le début de la contestation, fin novembre, les affrontements entre les deux camps ont fait dix morts et près de 600 blessés.

Le conflit, qui dure en réalité depuis huit ans, oppose la classe moyenne et les notables royalistes de Bangkok aux partisans, souvent pauvres et vivant dans les campagnes, de Yingluck Shinawatra.

Les contestataires entendent débarrasser la Thaïlande de l'influence politique de la famille Shinawatra. Ils accusent Yingluck d'être manipulée par son frère, qui s'est exilé pour échapper à la justice après avoir été condamné à une peine de prison pour corruption, et réclament la mise sur pied un « conseil populaire » non élu pour réformer le système politique thaïlandais.