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03/02/2014 03:02 EST | Actualisé 05/04/2014 05:12 EDT

Prêche de Qaradaoui: "pas de dispute" avec le Qatar, affirment les Emirats

Les relations entre le Qatar et les Emirats arabes unis demeurent fortes malgré la convocation de l'ambassadeur qatari par Abou Dhabi pour protester contre les propos du prédicateur Youssef al-Qaradaoui, a assuré lundi le prince héritier d'Abou Dhabi, cheikh Mohammed ben Zayed al-Nahyane.

Le prédicateur égypto-qatari Youssef al-Qaradaoui a provoqué la colère d'Abou Dhabi en affirmant lors de son prêche du 24 janvier que les Emirats arabes unis étaient "contre tout régime islamiste" et "jetaient en prison les partisans" d'un tel régime.

En réaction, l'ambassadeur du Qatar à Abou Dhabi, Fares al-Nouaïmi, a été convoqué dimanche au ministère des Affaires étrangères pour une protestation officielle contre les propos du prédicateur.

"Il n'y a pas de dispute entre frères", a déclaré l'homme fort d'Abou Dhabi, cheikh Mohammed ben Zayed al-Nahyane, au lendemain de cette convocation, première protestation publique d'un pays du Conseil de coopération du Golfe (CCG) contre un autre Etat membre de ce groupe réunissant aussi l'Arabie saoudite, Bahreïn, le Koweït et Oman.

"Les différends peuvent survenir entre frères d'une même famille, mais rien ne peut nous séparer de nos frères du Qatar", a-t-il ajouté, dans des propos rapportés par l'agence de presse officielle Wam, insistant sur sa relation privilégiée avec l'émir du Qatar cheikh Tamim ben Hamad Al-Thani.

Le prédicateur Qaradaoui, considéré comme l'éminence grise des Frères musulmans, a joué un rôle de premier plan, notamment via la chaîne du Qatar Al-Jazeera, dans la politique d'appui par Doha des mouvements islamistes, en particulier lors du Printemps arabe.

Les relations entre le Qatar et les autres pays du Golfe, en particulier l'Arabie saoudite et les Emirats, se sont tendues en raison du soutien de Doha aux islamistes, notamment égyptiens. Les Emirats comme l'Arabie saoudite soutiennent le pouvoir mis en place en Egypte par l'armée qui a destitué le président islamiste Mohamed Morsi début juillet.

La justice des Emirats a condamné ces derniers mois des dizaines d'islamistes locaux et égyptiens, accusés de complot ou d'avoir formé des cellules des Frères musulmans.

Avant la convocation de l'ambassadeur Fares al-Nouaïmi par Abou Dhabi, le chef de la diplomatie qatarie Khaled Al-Attiya avait désavoué Youssef al-Qaradaoui, affirmant durant le weekend que ses propos "ne représentent pas la politique étrangère du Qatar, qui est uniquement exprimée par les canaux officiels".

Mais le ministre d'Etat émirati aux Affaires étrangères, Anwar Gargash, avait estimé dimanche que ce désaveu n'exprimait "aucune attitude ferme rejetant les propos de Qaradaoui et garantissant que de tels propos ne se reproduisent plus".

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