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03/02/2014 07:18 EST | Actualisé 05/04/2014 05:12 EDT

Ouzbékistan: quand le fils de l'entraîneur va aux Jeux de Sotchi

Il a 20 ans et aucune chance de médaille, mais il défendra gaillardement, seul, les chances de l'Ouzbékistan en ski alpin masculin: Artem Voronov, 20 ans, est le fils de l'entraîneur national.

S'il reconnaît que le lien entre la filiation et sa qualification aux JO d'hiver, qui commence vendredi, est sur toutes les lèvres, le skieur affirme qu'il devra bien sa présence à Sotchi à ses seuls résultats.

Artem Voronov souligne qu'il a obtenu son billet après s'être distingué en compétitions internationales et grâce à la pratique du ski depuis ses plus jeunes années dans cette ancienne république soviétique de 30 millions d'habitants, partagée entre de vastes déserts et des montagnes, au coeur de l'Asie centrale.

"Mon père m'a emmené dans les montagnes de Tchimgan dès l'âge de quatre ans et j'ai commencé à m'entraîner sérieusement quand j'avais huit ans", a-t-il raconté à l'AFP.

Tchimgan est l'une des trois stations de sports d'hiver du pays, toutes situées dans une chaîne de hautes montagnes dans le sud-est, à moins de 100 km de la capitale Tachkent. "L'Ouzbékistan bénéficie d'un climat doux unique qui permet aux athlètes de s'entraîner facilement", relève Andreï, l'entraîneur de l'équipe nationale de ski et père d'Artem, son fils unique.

Mais les conditions sont loin d'être idéales dans ce pays pauvre aux infrastructures vieillissantes, à l'image de ces trois hôtels de l'époque soviétique laissés à l'abandon.

Attirer les jeunes des villages

De luxueux chalets commencent à émerger dans la station, afin d'attirer les rares amateurs de ski et de snowboard qui en ont les moyens. Les stations de ski ouzbèkes sont aux mains du secteur privé, donc tout est à la charge des amateurs des sports de glisse, explique un responsable du ministère des Sports et de la Culture, Komil Boyazitov.

"Compte tenu du coût élevé pour les amateurs de ski de Tachkent de séjourner dans les stations de sports d'hiver, une nouvelle tendance consiste à attirer les jeunes des villages autour de Tchimgan", précise-t-il.

Outre les économies d'hébergement, c'est aussi un moyen comme un autre de former des skieurs. Car "pour devenir champion, il faut skier tous les jours, dès qu'on sait marcher pratiquement", explique à l'AFP le Français Jean-Louis Tuaillon, un expert de la Compagnie des Alpes basé actuellement à Sotchi. "Il y a plus de champions qui viennent des clubs de ski des stations de sports d'hiver que de champions qui viennent des grandes villes", relève-t-il.

La précocité du jeune Artem ne suffit pourtant pas à faire croire l'impossible aux Ouzbèkes. Malgré les motivations de l'athlète qui veut essayer de "réaliser une performance convenable" aux Jeux, le pays ne s'attend à aucune médaille avec un total de trois athlètes, admet M. Boyazitov.

L'Ouzbékistan était sans surprise rentré bredouille des Jeux d'hiver de Vancouver en 2010. Et l'espoir n'est guère plus vivace cette fois, même pour la skieuse Kseniya Grigoryeva qui y avait participé et disputera donc à Sotchi ses seconds JO.

L'Etat n'a d'ailleurs promis aucune récompense à l'équipe, alors qu'il avait offert 150.000 dollars pour une médaille d'or, 75.000 pour l'argent et 50.000 pour le bronze aux Jeux d'été de Londres, en 2012. La délégation avait décroché une médaille d'or et deux de bronze.

Le troisième athlète ouzbèke à Sotchi, Misha Ge, 22 ans, est inscrit aux épreuves de patinage artistique. Il a des descendants russes, chinois et américains, mais a pris il y a quelques années la nationalité ouzbèke en mettant en avant des origines du côté maternel.

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