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03/02/2014 02:34 EST | Actualisé 05/04/2014 05:12 EDT

Mali: les membres du Conseil de sécurité de l'ONU rencontrent les groupes armés

Une délégation du Conseil de sécurité de l'ONU a rencontré lundi à Bamako les représentants des trois groupes armées du nord du Mali qui ont dit vouloir une "reprise rapide du dialogue" avec le gouvernement malien, a constaté un journaliste de l'AFP.

Mohamed Maouloud Ould Ramadane, membre du Mouvement arabe de l'Azawad (MAA), Mahamadou Djéri Maïga, vice-président du Mouvement national de libération de l'Azawad (MNLA, rébellion touareg), et Mohamed Ag Arib, porte-parole du Haut conseil pour l'unité de l'Azawad (HCUA, qui regroupe essentiellement des notables et rebelles touareg), ont rencontré la délégation.

"C'était très important cette rencontre et tous les groupes armés ont parlé d'une même voix, de la nécessité de la reprise rapide du dialogue", a déclaré à l'AFP à l'issue de la rencontre Mohamed Maouloud Ould Ramadane.

Le MNLA a récemment, à Alger, claqué la porte d'une rencontre "exploratoire" entre différents groupes armés du nord du Mali.

"Nous réclamons pour l'Azawad un statut particulier, une autonomie" car "la décentralisation a montré ses limites", a déclaré M. Ould Ramadane, qui a cependant affirmé que les groupes armés reconnaissaient "l'intégrité territoriale du Mali".

Le vice-président du MNLA a affirmé que la réunion avec les représentants du Conseil de sécurité de l'ONU était "capitale pour la paix".

Il faut selon lui appliquer les accords de paix signés à Ouagadougou en juin 2013. "Pour nous, jusqu'à preuve du contraire, le médiateur est le Burkina Faso, mais nous voulons aussi que le roi du Maroc joue au facilitateur".

Le MNLA avait annoncé le 1er février que son secrétaire général Bilal Ag Chérif avait été reçu le 31 janvier par le roi Mohamed VI du Maroc qui avait encouragé la rébellion touareg à rester "ouverte au dialogue politique".

Mohamed Ag Arib a affirmé à l'AFP que le HCUA, souhaitait que l'Algérie, rivale du Maroc, "joue un rôle important dans le règlement de la crise dans le nord du Mali".

Un communiqué officiel publié lundi à Bamako indique que le président Ibrahim Boubacar Keïta a déclaré lors d'un entretien, le 1er février, avec les émissaires de l'ONU qu'il était "temps que le Mali s'approprie le dossier Mali".

"Faisons-nous confiance et engageons-nous ensemble", a-t-il dit.

De sources officielles maliennes, on indique qu'une "feuille de route" pour la reprise du dialogue entre Bamako et les groupes armés du Nord sera "prochainement connue".

Avant de quitter Bamako, le Français Gérard Araud, chef de la délégation du Conseil, a dit avoir constaté "la volonté d'aller de l'avant" des groupes armés.

"Nous avons constaté un sentiment d'urgence parce qu'il y a des risques de radicalisation au sein des groupes", a-t-il ajouté.

Selon lui, "au début des pourparlers tout le monde pose des demandes maximalistes", mais "tous se placent dans le cadre de la souveraineté du Mali et tous veulent négocier". "Les négociations doivent se passer sans pré conditions et tout doit se passer dans le cadre des accords de Ouagadougou", a-t-il ajouté.

Les représentants des quinze membres du Conseil de sécurité de l'ONU sont venus apporter leur soutien à "la stabilisation de ce pays" dont le Nord a été occupé en 2012 par des jihadistes, en partie chassés par une intervention armée internationale en 2013.

Outre ses groupes armés, la délégation a rencontré des membres de la société civile, de la force de l'ONU au Mali, ainsi que le président Keïta.

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